Les ministres des Finances du G7 ont décidé de donner du muscle à leurs autorités de surveillance du monde financier, dont les moyens matériels et légaux font pâle figure face aux multinationales qui ne connaissent plus de frontières. Le G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon), réuni vendredi et samedi à Londres, a ainsi adopté dix principes clés, comme un échange d’informations entre les Bourses ou encore entre les autorités de surveillance. Ces données pourront être utilisées pour des poursuites judiciaires. «Ces principes constituent une base claire pour la coopération internationale et établissent des normes que tous les pays devraient s’appliquer à mettre en œuvre», a déclaré le chancelier de l’Echiquier, Gordon Brown. Les Sept se sont engagés à en faire la promotion auprès d’autres pays. La crise asiatique a révélé, à une échelle sans précédent, les dangers que représentent les flots plus ou moins incontrôlés de capitaux générées par l’accélération de la mondialisation, pour des systèmes bancaires et financiers encore peu matures et mal régulés. Les ministres du G7 veulent combler le fossé qui se creuse entre les méthodes de travail des grandes multinationales financières et leurs organismes de contrôle, en poussant ces derniers à une plus grande coopération nationale et internationale. La tâche prendra beaucoup de temps, en raison de la multiplicité des législations et des organismes concernés, mais aussi de la complexité des structures et des produits des entreprises à surveiller. Aussi, les Sept ont appelé le secteur privé à apporter sa contribution: il est lui aussi très concerné comme l’a montré la retentissante chute de la maison Barings victime d’un courtier qui a engagé des sommes folles sur les marchés dérivés d’Asie, sans aucun contrôle. Dans la même veine d’un renforcement du système financier international, le G7 entend se consacrer dans les prochains mois à cinq thèmes prioritaires: l’amélioration de la transparence et la diffusion des statistiques économiques, le soutien aux pays qui veulent s’intégrer dans l’économie mondiale, le renforcement des systèmes financiers nationaux, l’implication du secteur privé dans la résolution des crises et le renforcement des institutions financières internationales et de leur coopération. «Pour nous, il s’agit particulièrement de savoir sous quelle forme (les institutions financières internationales) peuvent rendre publiques leurs mises en garde», a expliqué le ministre allemand des Finances Theo Waigel. Le Fonds monétaire international (FMI) a révélé qu’il avait adressé des mises en garde secrètes à nombre de pays, qui ont fait la sourde oreille et plongé dans la crise. Toutefois, la publication de telles admonestations risque de déclencher la crise que les institutions internationales tentent justement d’éviter. La réflexion porte donc sur une sorte de riposte graduée dont «l’arme de dernier recours» serait la divulgation au grand jour. Le directeur général du FMI Michel Camdessus a lui aussi apporté une nouvelle pierre à l’édifice en proposant une nouvelle instance mondiale, un «nouveau G-24», incluant pays riches, émergents et pauvres, chargé de superviser, coordonner et prévenir. Le patron du FMI veut ainsi «revitaliser le comité intérimaire» (instance politique du Fonds) et il propose de réunir, tous les deux ans à l’occasion du sommet annuel du G8 (G7+Russie), les chefs d’Etat et de gouvernement de 16 pays ayant un siège au conseil d’administration du FMI, ainsi que les représentants de la direction du FMI, de la Banque mondiale, de l’OMC, avec, pour invité, le secrétaire général de l’ONU. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les ministres des Finances du G7 ont décidé de donner du muscle à leurs autorités de surveillance du monde financier, dont les moyens matériels et légaux font pâle figure face aux multinationales qui ne connaissent plus de frontières. Le G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon), réuni vendredi et samedi à Londres, a ainsi adopté dix principes clés, comme un échange d’informations entre les Bourses ou encore entre les autorités de surveillance. Ces données pourront être utilisées pour des poursuites judiciaires. «Ces principes constituent une base claire pour la coopération internationale et établissent des normes que tous les pays devraient s’appliquer à mettre en œuvre», a déclaré le chancelier de l’Echiquier, Gordon Brown. Les Sept se sont engagés à en faire la...