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Actualités - Chronologie

"Tournesol" Avis de tempête

L’authenticité des «Tournesols» de Van Gogh, achetés par un assureur japonais chez Christie’s en 1987 pour la somme astronomique de 39,9 millions de dollars (près de 250 millions de FF), fait l’objet d’une nouvelle et cinglante mise en cause. Un avis de tempête est même annoncé pour le 15 mai à Londres, où doit se tenir, au Sainsbury Wing Theatre, un symposium organisé par le musée Van Gogh d’Amsterdam pour démontrer que le tableau, propriété de la compagnie d’assurances Yasuda Fire and Marine, est bien de la main de l’artiste. Mais, le chercheur français Benoît Landais a indiqué qu’il y «ferait une implacable démonstration inverse, nouvelles preuves à l’appui», torpillant ainsi un article de 11 pages paru en mars dans la prestigieuse revue d’art anglaise, le «Burlington Magazine». L’auteur de l’article, le professeur Bogomila Welsh-Ovcharov (Université de Toronto) experte de premier plan de Van Gogh, soutient que le tableau en question a été peint en mai ou début juin 1889 avant d’être donné à Paul Gauguin, au titre d’un échange entre les deux peintres. Benoît Landais affirme au contraire que cette version des «14 Tournesols dans un vase» a été peinte en 1900/1901 par Claude-Emile Schuffenecker, de réputation scabreuse, dénoncé comme faussaire dès la fin des années 20. Ce peintre parisien de second plan aurait profité de sa restauration de la seconde version des «14 Tournesols», aujourd’hui à la National Gallery de Londres, pour la copier. La première mention de l’existence de la toile contestée date de 1901, où elle avait été cataloguée comme étant la propriété de Schuffenecker, juste avant l’exposition à la Galerie Bernheim Jeune. Les lettres de Vincent Van Gogh montrent toujours que la série des «toiles de 30», (format 72cm x 92cm) peintes à Arles en août 1888 était limitée à deux tableaux de tournesols: l’un avec «12 Tournesols» (aujourd’hui à Munich), l’autre avec «14 Tournesols» (au Musée Van Gogh d’Amsterdam). En janvier 1889, il fera une seconde série de deux toiles de 30, identiques aux premières. Sa copie des «12 Tournesols» est à Philadelphie, celle des «14 Tournesols» à Londres. «Exécrable» Mme Welsh-Ovcharov assure que le tableau de la Yasuda, acquis par Yasuo Goto, avait été acheté en 1894 par Claude-Emile Schuffenecker à Johanna Van Gogh Bonger, belle-sœur de l’artiste, veuve de Théo Van Gogh. Selon elle, les «12» et «14 Tournesols» de la période arlésienne (il existe six autres natures mortes de tournesols) ne seraient pas au nombre de quatre, mais de cinq, la cinquième toile ayant été échangée avec Gauguin. Benoît Landais rétorque que le tableau acheté par Schuffenecker à Johanna Van Gogh «était un 12 tournesols, et non pas un 14, donc pas le tableau japonais». En janvier 1994, le chercheur italien Antonio de Robertis avait mis en cause cette version nippone, pour des raisons de provenance confuse. En juillet 1997, Landais l’avait attaquée pour des motifs stylistiques, la qualifiant «d’exécrable». Le chercheur estime en outre qu’il n’y a jamais eu d’échange de «tournesols» avec Gauguin, en se fondant sur trois lettres — l’une de Gauguin, la seconde de Théo, la troisième de Vincent montrant l’impossibilité dans le temps d’un tel arrangement. Par ailleurs, il conteste vigoureusement l’interprétation de Mme Welsh d’un extrait du livre de comptes du marchand d’art Ambroise Vollard, en date du 10 avril 1896. La chercheuse y voit la preuve que Gauguin avait vendu les «Tournesols» à Vollard pour 225 FF. M. Landais annule cette preuve en produisant un certificat de créance provenant des archives Vollard, qui permet d’expliquer qu’il s’agit en fait du solde de la vente par Gauguin à Vollard de deux autres petits tableaux de Van Gogh, représentant chacun... deux fleurs de tournesols et non pas un vase de 14 tournesols. (AFP)
L’authenticité des «Tournesols» de Van Gogh, achetés par un assureur japonais chez Christie’s en 1987 pour la somme astronomique de 39,9 millions de dollars (près de 250 millions de FF), fait l’objet d’une nouvelle et cinglante mise en cause. Un avis de tempête est même annoncé pour le 15 mai à Londres, où doit se tenir, au Sainsbury Wing Theatre, un symposium organisé par le musée Van Gogh d’Amsterdam pour démontrer que le tableau, propriété de la compagnie d’assurances Yasuda Fire and Marine, est bien de la main de l’artiste. Mais, le chercheur français Benoît Landais a indiqué qu’il y «ferait une implacable démonstration inverse, nouvelles preuves à l’appui», torpillant ainsi un article de 11 pages paru en mars dans la prestigieuse revue d’art anglaise, le «Burlington Magazine». L’auteur...