La côte kenyane, touchée de plein fouet par l’hémorragie de visiteurs étrangers, veut changer son image, alors que les hôtels de la région tentent, tant bien que mal, de faire face au déclin du tourisme. «Il faut redonner à Mombasa sa splendeur passée», répète le nouveau maire de la seconde ville du Kenya, sur les bords de l’Océan indien. Najib Balala, 30 ans, ancien tour-operator et vice-président du comité kenyan du tourisme, a été nommé il y a à peine deux mois, par le gouvernement, conseiller municipal de Mombasa puis a été élu maire. Une nomination interprêtée par le professionnel du tourisme comme un sursaut des autorités, alors que le taux d’occupation des hôtels de la côte kenyane a diminué de 50% entre février 1997 et février 1998. Le secteur touristique, déjà en baisse depuis le début des années 1990, a connu une chute spectaculaire après des violences qui ont éclaté en août 1997 sur la côte, autour de Mombasa, faisant plus de 100 morts et entraînant la fuite de près de 100.000 personnes. La tâche du nouveau maire s’annonce immense, au vu des routes défoncées, des immeubles sales et des baraques d’artisans envahissant les trottoirs de Mombasa. Basse saison Depuis sa prise de fonction, Najib Balala s’enorgueillit d’avoir remis au travail les employés municipaux qui collectent les ordures et d’avoir chassé les marchands ambulants de la route de l’aéroport. Toutefois, beaucoup craignent que les mesures prises par M. Balala ne constituent qu’un replâtrage superficiel et trop tardif. «Nous avons deux mois pour redresser la barre, sinon l’hiver 99, qui constitue la haute saison, est perdu également», reconnaît M. Balala. A la sortie sud de Mombasa, on ne voit presque aucun touriste sur le bac qui mène à Likoni, où s’était déroulée une partie des violences de l’été dernier, et aux plages. A Diani, une longue plage de sable blanc, la plupart des hôtels et des restaurants sont déserts et les échoppes des artisans désespérément vides. Le Legends, avec son immense éléphant en bois planté dans une picine à l’eau transparente, construit tout récemment par un Italien, est fermé depuis les violences de Likoni. Un peu plus loin, le Tradewinds, appartenant à une société para-étatique, semble également sur le point de fermer ses portes. D’autres établissements s’apprêtent à faire de même. «C’est normalement le début de la basse saison, mais cette année, nous n’avons pas eu de haute saison», déplore un gérant. Allemands et Britanniques, notamment, ont annulé en masse leurs séjours depuis l’été dernier, ajoute-t-il. El Nino L’Africana Sea Lodge, l’un des hôtels du groupe Alliance qui appartient à l’ancien ministre des Finances Kenneth Matiba, affiche en revanche un taux d’occupation de 80%. «Mais l’établissement fonctionne à perte», reconnaît David Gachuru, le directeur de l’établissement, qui a drastiquement diminué ses prix. «Notre seule solution, c’est de faire venir les clients coûte que coûte pour qu’ils puissent voir par eux-mêmes que la situation n’est pas aussi terrible qu’on le dit», explique-t-il. Selon M. Balala, le gouvernement kenyan a mesuré l’ampleur des dégâts. Le Comité kenyan du tourisme a lancé une campagne de promotion du Kenya à l’étranger d’une valeur de 120 millions de shillings, (2 millions de dollars), que le ministère du tourisme va financer en partie. «Ils doivent nourrir la vache qu’ils traient», explique le maire de Mombasa. Toutefois, cette campagne de marketing apparaît bien insuffisante aux professionnels du tourisme, qui réclament de l’Etat des mesures pour garantir la sécurité des touristes et l’amélioration des infrastructures. Les routes, mal entretenues, ont considérablement souffert des pluies diluviennes provoquées par le phénomène climatique El Nino. «Il est de plus en plus difficile de combiner, pour des voyages de courtes durées, safaris et séjour au bord de la mer, à cause du réseau routier», explique Richard Coornaert, un tour-operator français installé à Mombasa. Le tourisme, qui devrait enregistrer des pertes de 280 millions de dollars au cours de la prochaine année fiscale (mi-1997 à mi-1998), est la deuxième source de recettes en devises du Kenya, après les exportations agricoles. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La côte kenyane, touchée de plein fouet par l’hémorragie de visiteurs étrangers, veut changer son image, alors que les hôtels de la région tentent, tant bien que mal, de faire face au déclin du tourisme. «Il faut redonner à Mombasa sa splendeur passée», répète le nouveau maire de la seconde ville du Kenya, sur les bords de l’Océan indien. Najib Balala, 30 ans, ancien tour-operator et vice-président du comité kenyan du tourisme, a été nommé il y a à peine deux mois, par le gouvernement, conseiller municipal de Mombasa puis a été élu maire. Une nomination interprêtée par le professionnel du tourisme comme un sursaut des autorités, alors que le taux d’occupation des hôtels de la côte kenyane a diminué de 50% entre février 1997 et février 1998. Le secteur touristique, déjà en baisse depuis le début des...