Les enquêteurs républicains d’une commission de la Chambre américaine des représentants ont entamé la publication de l’enregistrement intégral de conversations téléphoniques tenues en prison par Webster Hubbell, ancien collaborateur de Bill Clinton. Les démocrates avaient affirmé que les extraits de ces conversations jusqu’ici publiés avaient été choisis et sortis de leur contexte de manière à mettre dans l’embarras le président américain et son épouse Hillary. La publication de l’enregistrement coïncide avec l’inculpation par un grand jury fédéral de Little Rock, dans l’Arkansas, d’un personnage clef du scandale Whitewater, Susan McDougal, accusée d’obstruction à la justice. Ancienne associée du couple Clinton, McDougal a déjà purgé 18 mois de prison pour avoir refusé de témoigner devant le grand jury. Elle affirme que le procureur indépendant Kenneth Clark a cherché à la contraindre à mentir sur la prétendue implication de Bill Clinton dans une série d’affaires illégales en Arkansas, au milieu des années 1980. Charles Bakaly, porte-parole de Starr, a déclaré que ce dernier avait demandé à plusieurs reprises à Clinton d’exhorter McDougal à s’exprimer devant le grand jury mais qu’il s’était heurté à une fin de non recevoir. Les enquêteurs de la commission gouvernementale de la Chambre des représentants ont publié plus de dix heures d’extraits de conversations téléphoniques tenues en prison par Hubbell, ancien haut responsable du département de la Justice, avec son épouse, son avocat et des amis. Ces transcriptions partielles ont été rendues publiques la semaine dernière, après l’inculpation de délits fiscaux de Hubbell, de sa femme et de deux de ses conseillers fiscaux. Cette inculpation porte sur plus de 500.000 dollars d’honoraires perçus par Hubbell après son départ du département de la Justice. Les procureurs et les enquêteurs du Congrès pensent que ces honoraires, versés par des amis et des associés de Clinton, constituent en fait le prix du silence et de la loyauté de Hubbell envers la Maison-Blanche. Clinton «dérouté» Un député démocrate, Henry Waxman, a affirmé que les extraits de conversations avaient été sortis de leur contexte et choisis de manière à censurer tout passage de nature à exonérer Hubbell et d’autres protagonistes de cette affaire. Dan Burton, un républicain président de la commission gouvernementale, a rétorqué que les transcriptions avaient été expurgées dans le seul but de protéger la vie privée de Hubbell. Il a averti Waxman, dans une lettre, qu’il rendrait publics d’autres enregistrements qui «présentent M. Hubbell et d’autres sous un jour négatif» si le représentant démocrate «persiste dans ses allégations imprudentes». Hubbell est l’ancien numéro trois du département de la Justice. Il a été l’associé de Hillary Rodham Clinton lorsqu’ils travaillaient dans un cabinet d’avocats de Little Rock. Les conversations ont été enregistrées en 1996, alors qu’il se trouvait dans une prison fédérale parce qu’il était accusé d’escroquerie aux dépens de son ancien cabinet d’avocats. Les enquêteurs républicains ont mis en exergue une conversation du 25 mars 1996 entre Hubbell et sa femme. Il y dit qu’il n’engagera pas de poursuite contre son ancien cabinet parce qu’il ne veut pas «soulever des allégations qui pourraient mener à Hillary». Mais d’autres passages de la conversation — non publiés la semaine dernière — semblent exonérer la première Dame des Etats-Unis. Dans une interview au «Wall Street Journal» et à la chaîne de télévision CNBC diffusée lundi, Bill Clinton estimait que ses problèmes judiciaires ne devraient pas entamer la confiance des consommateurs américains ni le détourner de son travail. Le président américain reconnaît qu’il a été «quelque peu dérouté» en janvier lorsqu’ont été rendues publiques les allégations selon lesquelles il aurait eu une liaison avec une stagiaire de la Maison-Banche, Monica Lewinsky, à laquelle il aurait demandé de mentir à ce sujet. Mais, dit-il, «finalement, j’ai décidé que je devais au peuple américain de ne pas me laisser distraire, c’est ce que je fais maintenant». (Reuters)
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