Les beaux jours sont là. Les manteaux, pulls et autres cache-cellulite disparaissent. Résultat: une bonne proportion des habitants de la Terre se retrouvent au régime. Mais pour dire non à la dictature des mensurations idéales, une ancienne anorexique a instauré en 1992 la journée internationale anti-régime. Les régimes, c’est comme dans la guerre des mafias: il faut éliminer. Et cela peut être suicidaire ou trop frustrant. Si la fermeture Eclair résiste, c’est la damnation. Devant le miroir (ô miroir, impitoyable bourreau...) des souvenirs de Rubens surgissent, des visions de femmes hydropidiques. Maigrir est devenu plus qu’une obsession, une folie. On est massé, drainé lymphatiquement, lipposuccé, jaccuzé, affamé, siliconé. On connaît des femmes qui s’imposent des ascèses dignes des adeptes les plus fidèles du Mahatma Gandhi. Tout régime est comme un jeu virtuel sur ordinateur: c’est peuplé de dangereux ennemis. Les digestifs, le chocolat, les crèmes glacées prennent l’allure de redoutables bêtes. Abattre les acides phosphoriques, estourbir les lipides, maîtriser les «surfaces d’assiettes», le capital de la journée, les profils gynoïdes, les corpulences androïdes, Halte à l’esclavage ! s’écrie Mary Evans Young, directrice de la campagne anti-diet british «Diet Breakers» et initiatrice de l’«International no diet day». Mary est une ancienne anorexique. L’idée de fonder la journée internationale anti-régime lui est venue spontanément en 1992. «Une adolescente de 15 ans s’est suicidée parce qu’elle ne pouvait plus supporter le fait d’être grosse. Elle s’habillait taille 40.» Cette journée a été établie pour inciter les gens à réfléchir sur les attitudes et valeurs qui contribuent aux régimes chroniques, soucis de poids, troubles alimentaires, les carences causées par les régimes anarchiques et par l’anorexie. Les supporters de cette journée épingleront un ruban bleu ciel symbolisant leur adhérence aux principes de cette commémoration: — Je ne suis aucune sorte de régime alimentaire en cette journée. — Je me sustente quand j’ai faim. — Je ne culpabilise point si je mange. — Je ne sens aucune honte à manger... devant tout le monde. — Je pèse ... les avantages et les inconvénients du régime. — J’essaie de faire une chose au moins que je reportais pour «après avoir perdu du poids». — Au lieu de me lancer dans une course forcenée contre les kilos pour atteindre des critères établis par d’autres, je m’accepte tel que je suis. — A méditer: personne n’est parfait, même la Vénus de Milo est dépourvue de bras. Cette journée sera aussi l’occasion de faire maigrir la prétention, chasser les mauvaises graisses de l’intolérance et activer les liposomes de la gentillesse. Après tout, les vraies cures sont celles de l’âme. Pas vrai?
Les beaux jours sont là. Les manteaux, pulls et autres cache-cellulite disparaissent. Résultat: une bonne proportion des habitants de la Terre se retrouvent au régime. Mais pour dire non à la dictature des mensurations idéales, une ancienne anorexique a instauré en 1992 la journée internationale anti-régime. Les régimes, c’est comme dans la guerre des mafias: il faut éliminer. Et cela peut être suicidaire ou trop frustrant. Si la fermeture Eclair résiste, c’est la damnation. Devant le miroir (ô miroir, impitoyable bourreau...) des souvenirs de Rubens surgissent, des visions de femmes hydropidiques. Maigrir est devenu plus qu’une obsession, une folie. On est massé, drainé lymphatiquement, lipposuccé, jaccuzé, affamé, siliconé. On connaît des femmes qui s’imposent des ascèses dignes des adeptes les plus...
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