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Actualités - Reportage

Le BHV, spécialisé en tout

L’une des femmes politologues les plus connues de Pologne, le professeur Jadwiga Staniszkis, est en congé sans solde : le directeur de son institut a demandé instamment à ses scientifiques de choisir cette forme de repos, car il n’avait plus d’argent pour payer leurs salaires. Le développement spectaculaire de l’économie de marché en Pologne a aggravé la situation déjà difficile de la science polonaise : les plus entreprenants parmi les chercheurs se sont rapidement convertis dans les affaires ou sont allés travailler à l’étranger, tandis que les autres ont le sentiment que le train express de la croissance à 6 % par an est parti sans eux. Les plus désespérés ont fondé un Comité de salut de la science, animé par le physicien Andrzej Kajetan Wroblewski, qui clame qu’à moins d’être secourue rapidement, la science polonaise, jadis réputée, rendra bientôt l’âme faute de savants. «Qui nous remplacera?», demande-t-il dans un article au ton catastrophiste où il démontre, les chiffres en main, que la race des professeurs est en voie de disparition, car le nombre de doctorats par tête d’habitant est en chute libre. Lors d’une réunion récente, à laquelle les médias polonais et étrangers ont été conviés, le Comité de salut a publié des statistiques, dont les chiffres réflètent la situation. En termes corrigés en fonction des conditions locales, les dépenses pour la science par tête d’habitant se sont élevées en 1996 à 40,9 USD en Pologne, contre 121,2 USD en République tchèque, à 486,3 USD en France et à 649,2 USD au Japon.
L’une des femmes politologues les plus connues de Pologne, le professeur Jadwiga Staniszkis, est en congé sans solde : le directeur de son institut a demandé instamment à ses scientifiques de choisir cette forme de repos, car il n’avait plus d’argent pour payer leurs salaires. Le développement spectaculaire de l’économie de marché en Pologne a aggravé la situation déjà difficile de la science polonaise : les plus entreprenants parmi les chercheurs se sont rapidement convertis dans les affaires ou sont allés travailler à l’étranger, tandis que les autres ont le sentiment que le train express de la croissance à 6 % par an est parti sans eux. Les plus désespérés ont fondé un Comité de salut de la science, animé par le physicien Andrzej Kajetan Wroblewski, qui clame qu’à moins d’être secourue rapidement, la...