Théologiens et œnologues réunis en congrès près d’Asti (nord de l’Italie), au cœur de la région vinicole piémontaise, ont adressé un appel aux autorités vaticanes leur demandant des normes claires fixant les qualités à exiger au vin de messe. À cette occasion, ils ont goûté une vingtaine d’échantillons de vins de messe du monde entier, de la Croatie à la France, pour vérifier les tendances des différents marchés dans ce domaine. La dégustation s’est terminée avec «Alleluja», un vin présenté par Roberto Bava, l’un des plus importants producteurs de vin de Piémont, spécialisé dans le vin de messe et promoteur de l’initiative. «Le code de droit canon exige un produit absolument pur, mais les techniques de production sont tributaires d’une législation complexe, élaborée par les congrégations vaticanes au cours des siècles, parfois acceptant et parfois rejetant des additifs tels que le sucre de canne ou l’anhydride sulfureux». «Il s’agit de règles qui se prêtent à différentes interprétations», a commenté M. Bava. «L’évolution des pratiques œnologiques et la présence de problèmes toujours nouveaux concernant l’utilisation et la conservation du vin de messe, a-t-il souligné, imposent une mise à jour des techniques afin que le vin pour les autels soit toujours garanti comme “materia valida”», tel que l’exige le code de droit canon. «Au fond, on peut estimer que la seule règle qui compte est l’article 924 du code selon lequel le vin de messe doit être “naturel, de pur fruit de la vigne et non frelaté”. Il doit être tout simplement un bon vin», a affirmé l’abbé Silvano Sirboni, spécialiste en liturgie et en vin. «Notre poisson quotidien» Le père Sergio Mercanzin, directeur du Centre «Russie chrétienne» à Rome, a rejeté l’hypothèse que le vin puisse un jour être remplacé par d’autres boissons — le saké ou la bière — dans des pays non producteurs de vin, ce dernier n’étant qu’un symbole lié surtout à la culture occidentale. «Il est vrai, a-t-il ajouté, qu’en Alaska un prêtre avait un jour modifié le Notre Père en priant: Donne-nous notre poisson quotidien, le pain étant presque inconnu, mais on ne peut pas renoncer au symbole du vin, même si la question avait été abordée par le Concile Vatican II». Les théologiens et les œnologues ont pu constater personnellement à cette occasion que, depuis quelques années, les couvents et les communautés religieuses ont ouvert les grilles de leurs «vignobles du Seigneur» aux spécialistes et produisent un vin de bonne qualité. «Leur vin était dans le passé sans doute “Sincerum“ comme le veut le code de l’Église, mais bien souvent vraiment mauvais», a commenté M. Bava. Le vin de messe destiné aux autels ne dépasse pas en Italie 800 000 litres, soit les gorgées de 35 millilitres bues en moyenne par chaque prêtre au cours d’au moins 365 messes par an, a indiqué M. Bava. En réalité, il faut multiplier la production par cent, tenant compte des bouteilles destinées à égayer les tables des évêques et des prêtres. Le clergé du Frioul est le plus grand consommateur de vin de messe en Italie. Une association de prêtres ex-alcooliques de cette région a obtenu du Vatican l’autorisation d’utiliser, lors de la messe, du jus de moût à la place du vin. La même autorisation a été accordée à de nombreuses associations analogues aux États-Unis. Il n’existe pas de chiffres sur la consommation mondiale, mais en tête des consommateurs se trouve le patriarcat de Moscou avec ses 18 000 litres de vin français venant de Cahors (sud de la France), consommés par semaine dans toute la Russie, selon le diacre orthodoxe Wladimir Zlinskij, intervenu au congrès.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Théologiens et œnologues réunis en congrès près d’Asti (nord de l’Italie), au cœur de la région vinicole piémontaise, ont adressé un appel aux autorités vaticanes leur demandant des normes claires fixant les qualités à exiger au vin de messe. À cette occasion, ils ont goûté une vingtaine d’échantillons de vins de messe du monde entier, de la Croatie à la France, pour vérifier les tendances des différents marchés dans ce domaine. La dégustation s’est terminée avec «Alleluja», un vin présenté par Roberto Bava, l’un des plus importants producteurs de vin de Piémont, spécialisé dans le vin de messe et promoteur de l’initiative. «Le code de droit canon exige un produit absolument pur, mais les techniques de production sont tributaires d’une législation complexe, élaborée par les congrégations...