Tony Blair a tenté mercredi de reprendre l’initiative politique, une semaine après le départ forcé du ministre du Commerce et de l’Industrie Peter Mandelson, qui n’en finit pas d’envenimer les débats idéologiques et les rivalités personnelles au sein de son gouvernement. Depuis les Seychelles, où il est en vacances familiales, le Premier ministre britannique a envoyé ses vœux à ses concitoyens en leur promettant de maintenir le cap de ses réformes en 1999 et d’appliquer «ligne par ligne» le programme sur lequel il avait été triomphalement élu en mai 1997. «Bien sûr, de temps en temps, le gouvernement, comme tous les gouvernements, va subir des revers dont les médias vont se délecter». «Ils viennent et passent. Ce qui reste, c’est le programme pour lequel ce gouvernement a été élu, un programme de réforme et de renouveau», écrit-il en détaillant l’agenda chargé de l’année à venir. Introduction du salaire minimum en avril, de crédits d’impôts pour ceux qui reprendront un travail, modernisation de la santé et de l’éducation, élections des Assemblées d’Écosse et du Pays de Galles, et préparation à une éventuelle adhésion à l’euro. Le Premier ministre espère ainsi faire taire tous ceux qui l’appellent à un retour aux «valeurs traditionnelles» des travaillistes après la démission de Peter Mandelson, proche de lui et inspirateur du «nouveau Labour» recentré et modernisé, forcé de quitter le gouvernement pour une affaire de prêt immobilier. Mais pendant que Tony Blair se reposait aux Seychelles, son vice-Premier ministre John Prescott, un ancien syndicaliste considéré comme l’un des représentants de la tradition «populaire» du Labour, s’activait plus que de coutume à Londres. Dans une interview au quotidien Independent, M. Prescott lance un appel à un «retour aux sources» des travaillistes, qui doivent s’éloigner de la «rhétorique». Un art dans lequel excellait Peter Mandelson. Et il assure se retrouver ainsi sur la même longueur d’onde que le puissant chancelier de l’Échiquier Gordon Brown, «avec lequel» il dit désormais «entretenir d’excellents rapports». Cette nouvelle amitié, si elle se confirme, ne sera pas forcément du goût des amis de Tony Blair : Gordon Brown est fortement soupçonné dans la presse d’avoir été l’instigateur de la chute de son ennemi Peter Mandelson, en faisant révéler par son attaché de presse l’affaire du prêt. Et les relations du chancelier de l’Échiquier avec le Premier ministre ont toujours été conflictuelles en raison du choc de leurs ambitions personnelles : Gordon Brown avait affronté Tony Blair en 1994 pour la direction du Parti travailliste. Il n’a d’ailleurs jamais pardonné à Peter Mandelson son ralliement à Blair dans cette bataille. Aujourd’hui, il résisterait fermement, à en croire les journaux, au renvoi de son attaché de presse, Charlie Whelan, exigé par l’entourage de Tony Blair après l’affaire Mandelson. Minée elle aussi par d’incontrôlables dissensions, l’opposition conservatrice avait enfin de bonnes raisons de se réjouir mercredi : «La guerre civile est en train de monter d’un cran au sein du gouvernement», a affirmé l’un de ses responsables, John Redwood.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Tony Blair a tenté mercredi de reprendre l’initiative politique, une semaine après le départ forcé du ministre du Commerce et de l’Industrie Peter Mandelson, qui n’en finit pas d’envenimer les débats idéologiques et les rivalités personnelles au sein de son gouvernement. Depuis les Seychelles, où il est en vacances familiales, le Premier ministre britannique a envoyé ses vœux à ses concitoyens en leur promettant de maintenir le cap de ses réformes en 1999 et d’appliquer «ligne par ligne» le programme sur lequel il avait été triomphalement élu en mai 1997. «Bien sûr, de temps en temps, le gouvernement, comme tous les gouvernements, va subir des revers dont les médias vont se délecter». «Ils viennent et passent. Ce qui reste, c’est le programme pour lequel ce gouvernement a été élu, un programme de...