Dans un décor de fête rudimentaire, les GI’s déployés au sein de la Force de stabilisation (Sfor) ont fêté Noël en Bosnie, la nostalgie dans l’âme, à des milliers de kilomètres de leurs familles. Quelques lampes suspendues à des arbres, de rares sapins décorés à «Eagle Base», le QG des soldats américains de la Sfor à Tuzla (Nord-Est), accentuent la nostalgie des militaires envers leurs familles et leur pays. Au cœur d’un hiver balkanique et sous un épais brouillard, seule la principale cantine affichait des airs de fête, une vision qui renforçait la déprime des GI’s. Les soldats américains déployés au sein de la Sfor forment avec 6 900 soldats le plus gros contingent des troupes de l’Otan en Bosnie, fortes d’environ 30 000 hommes. Pour Barbara Esaac, 26 ans, originaire d’Eugene dans l’Oregon, ce qui manquait le plus, c’était une vraie atmosphère de Noël. «Je n’ai pas du tout l’impression que c’est Noël. Ce qui manque le plus, c’est l’atmosphère de fête, et ceux que j’aime me manquent. Mais les gens avec lesquels je travaille ici sont devenus ma famille, ce qui aide beaucoup, mais ce n’est pas comme d’être avec sa vraie famille», dit-elle. «Cela fait quatre mois que je suis en Bosnie. En avril, je retournerai chez moi», raconte Barbara dans son uniforme militaire devant un magasin de produits artisanaux bosniaques, où se vendent des services à café traditionnels turcs et d’autres souvenirs que les Bosniaques vendent au prix fort aux GI’s. Pour Lisa Pope, assistante commerciale dans un magasin spécialement destiné aux soldats de la Sfor (PX), où l’on trouve essentiellement des produits américains, ce sont ses enfants qui lui manquent le plus. «Mes enfants me manquent, même s’ils sont grands maintenant, ils me manquent terriblement. Cuisiner me manque aussi, j’aime bien cuisiner pendant les vacances», raconte Lisa, originaire du Texas. Menu top secret Dans le PX, où la fièvre du shopping semble s’être emparée des soldats, Lamur Washington, 21 ans, est en train de chercher des CD. Pour lui, ce sont ses frères et ses sœurs qui lui manquent le plus. «Je n’aime pas du tout être loin de la maison pour Noël. Ma famille me manque, j’espère que je vais pouvoir leur téléphoner. J’ai déjà reçu mes cadeaux par courrier, mais je ne les ai pas encore ouverts, je le ferai à la veille de Noël», raconte Lamur, originaire de Floride. Le menu de Noël des GI’s a été jalousement gardé secret par le chef de cuisine. La Croix-Rouge américaine, elle, a préparé des paquets de Noël, composés notamment de friandises et de pop-corn, qu’elle a distribués aux soldats. Le chef d’état-major interarmes des États-Unis, le général Henry Shelton, ainsi que le commandant des forces de l’Otan en Europe, le général américain Wesley Clark, ont rendu visite cette semaine aux GI’s, auxquels ils ont affirmé l’importance de leur mission en Bosnie. George Ruiz, 23 ans, de New York, confie que cela ne le dérange pas de ne pas être à la maison à l’occasion des fêtes, tout en cherchant des magazines. «Je suis célibataire, donc cela ne m’ennuie pas beaucoup, j’ai un travail à accomplir et c’est pour cela que je suis là. Cela m’est égal d’être ici pour Noël, mais c’est le froid qui est terrible ici», dit-il.
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