La mission de vérification du cessez-le-feu au Kosovo entreprise par l’OSCE risque de déboucher sur un fiasco, avec la recrudescence de violents affrontements entre les forces serbes et les séparatistes albanais. Le président en exercice de l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe), Bronislaw Geremek, n’a pas caché son pessimisme. «Si l’escalade de la violence et d’effusion de sang se poursuit, l’OSCE devra revoir les formes de son action au Kosovo dans un contexte d’une plus grande implication de la communauté internationale pour trouver une solution pacifique au conflit», a mis en garde M. Geremek, ministre polonais des Affaires étrangères, dans un communiqué rendu public au siège de l’OSCE à Vienne. L’OSCE, organisation pan-européenne de 55 pays, qui a changé de nom en décembre 1994 (après avoir été le forum Est-Ouest durant la guerre froide sous le nom de Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe -CSCE-), n’a pas vraiment brillé jusqu’à présent lors de modestes missions au Haut-Karabakh ou en Tchétchénie. Cette nouvelle mission de vérification des accords de cessez-le-feu au Kosovo, conclus le 13 octobre dernier entre l’émissaire américain Richard Holbrooke et le président yougoslave Slobodan Milosevic, constitue pour l’OSCE un premier grand défi. Avec 2 000 vérificateurs non-armés déployés au Kosovo d’ici fin janvier 1999, l’OSCE a pour tâche de signaler toute infraction au cessez-le-feu et de rassurer, par sa présence, la population civile, afin de donner le temps aux hommes politiques de trouver une solution durable à la crise du Kosovo. Le déploiement des vérificateurs de l’OSCE est loin d’être achevé. Un porte-parole de l’OSCE à Vienne a précisé lundi que leur nombre était actuellement d’environ 700, répartis à Pristina, chef-lieu de la province, et principalement dans trois villages, Trizren (sud), Pec (ouest) et Mikoviza (nord-ouest). Mais le brusque regain de violence de ces derniers jours semble une fois de plus illustrer l’impuissance de l’OSCE sur le terrain. «La mission de vérification (KVM) n’a aucun moyen de prévenir de telles actions. Nous ne pouvons qu’en tirer des conclusions», a déploré à Pristina l’Américain William Walker, chef de la mission de l’OSCE. Dans ce contexte de crise aiguë, on peut se demander si l’OSCE va pouvoir procéder au déploiement complet de ses 2 000 vérificateurs. «La mission de l’OSCE risque de perdre son sens» si le cessez-le-feu n’est plus respecté, a declaré le porte-parole de M. Geremek, Pawel Dobrowolski. La présidence tournante de l’OSCE revient le 1er janvier à la Norvège. Son ministre des Affaires étrangères, Knut Vollebaek, doit effectuer, selon l’organisation à Vienne, une visite dans les Balkans du 9 au 13 janvier. Il informera ensuite le Conseil permanent de l’OSCE à Vienne. «Si la mission des vérificateurs devait échouer en raison des faiblesses de l’OSCE, je suis sûr que le rôle de l’organisation sera redéfini», avait déclaré un responsable de l’OSCE en marge de la réunion, début décembre à Oslo, des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE.
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