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Actualités - Chronologie

Le marathon des financiers

Les «répétitions» sont terminées, et ce week-end, le grand spectacle du passage à l’euro aura lieu «pour de vrai». À bien y regarder, pour ceux qui le vivront en première ligne, l’événement du passage à l’euro tiendra plus du marathon que du spectacle.Dans toute l’Europe, des milliers d’employés des banques et des autres institutions financières passeront exceptionnellement le week-end du jour de l’an à leurs bureaux, et travailleront d’arrache-pied du 31 décembre au 4 janvier pendant ce que l’on est convenu d’appeler le «Big Bang week-end». Il faudra en effet ajuster tous les nouveaux programmes, et recalculer tous les cours et les prix en fonction des parités «irrévocables» qui seront annoncées le 31 décembre, marquant la fin de l’écu et l’avènement de l’euro. «D’un point de vue financier le lancement de la nouvelle monnaie est l’événement le plus important de l’histoire financière de notre génération. C’est comme assister à la chute du mur de Berlin», déclare Paul Cantwell, associé chez Andersen Consulting. Pendant des mois, déjà, ces mêmes employés ont dû sacrifier quelques week-ends pour se livrer à des simulations du «Big Bang», afin de tester leurs logiciels et leurs dispositifs de conversion. Après ces «répétitions», qui ont permis d’identifier et de résoudre de nombreux problèmes techniques, le départ du vrai «marathon» sera donné le jeudi 31 décembre, lorsque les ministres des Finances de l’Union européenne approuveront officiellement les parités définitives des onze monnaies qui participeront à l’euro, parités qui seront calculées par les banques centrales des pays membres, transmises à la Commission européenne et, enfin, soumises à l’approbation du Conseil des ministres. À partir de ce moment commencera une véritable course contre la montre pour traduire ces nouvelles parités dans la réalité des instruments financiers habituels : actions, obligations, bons du Trésor, dépôts, etc, avec l’obligation d’être en mesure de reprendre les activités normales, mais avec une nouvelle monnaie, à partir du lundi 4 janvier, premier jour de marché en euros. Un travail immense «Sur le plan logistique, il y a un travail énorme. Jamais une entreprise de cette envergure n’a été effectuée», souligne Roger Bates, coordinateur de la conversion à la Deutsche Bank à Londres. Car si le Royaume-Uni ne fera pas partie de l’Union économique et monétaire avant 2002 au plus tôt, Londres reste le principal centre financier européen, notamment pour les actions et les devises. On estime que 30 000 personnes environ, soit un dixième du personnel normal, sera au travail dans la «City» pendant le «Big Bang». C’est que les enjeux sont considérables : des cafouillages dans la transition pourraient coûter aux opérateurs de l’argent et des clients. Les opérations de conversion ont souvent été conduites selon des procédures presque militaires. On a parlé d’«état-major», de «postes de commandement», des cartes stratégiques et des plans d’actions sont affichés sur les murs des établissements. Les téléphones mobiles prolifèrent. «D’une certaine façon, maintenant nous sommes impatients d’en finir. Nous avons fait toutes les répétitions, maintenant nous voulons y aller pour de bon. L’adrénaline va circuler», lance Joanna Meager, senior vice-présidente chez Salomon Smith Barney.
Les «répétitions» sont terminées, et ce week-end, le grand spectacle du passage à l’euro aura lieu «pour de vrai». À bien y regarder, pour ceux qui le vivront en première ligne, l’événement du passage à l’euro tiendra plus du marathon que du spectacle.Dans toute l’Europe, des milliers d’employés des banques et des autres institutions financières passeront exceptionnellement le week-end du jour de l’an à leurs bureaux, et travailleront d’arrache-pied du 31 décembre au 4 janvier pendant ce que l’on est convenu d’appeler le «Big Bang week-end». Il faudra en effet ajuster tous les nouveaux programmes, et recalculer tous les cours et les prix en fonction des parités «irrévocables» qui seront annoncées le 31 décembre, marquant la fin de l’écu et l’avènement de l’euro. «D’un point de vue...