La reddition des deux membres importants de la vieille garde khmère rouge isole davantage Ta Mok, dernier dirigeant historique des Khmers Rouges encore en rébellion. Ta Mok «le soldat» : chef d’état-major des Khmers Rouges, surnommé «Le boucher» pour sa cruauté. Unijambiste depuis l’explosion d’une mine, il se trouverait quelque part dans la jungle à la frontière khméro-thailandaise, entouré d’une poignée de gardes du corps. Son âge exact n’est pas connu, il aurait dans les 70 ans. De son vrai nom Ek Chhoeun, Ta Mok (Ta veut dire «grand-père» en khmer) est né dans la province de Takéo, au sud du Cambodge. Parmi les dirigeants khmers rouges, il est le seul à ne pas avoir été éduqué à l’étranger. Il a fait ses armes dans le combat anti-colonial au début des années 50 avant de rejoindre le Parti communiste cambodgien en 1963. Il a acquis sa réputation de brutalité lors des purges sanglantes qui caractérisèrent le régime khmer rouge (1975-79), qu’il a servi comme premier vice-président de l’Assemblée populaire. Selon les historiens, ses troupes ont tué plus de 30 000 personnes dans un seul district au nord-ouest de Phnom Penh. Ta Mok a évincé Pol Pot de la direction de la guérilla en juillet 1997 à la suite d’un règlement de comptes entre factions. Nuon Chea «l’idéologue» : le plus secret des dirigeants khmers rouges, on ne sait pas grand-chose du «Frère No 2» après Pol Pot, qui serait derrière la plupart des purges qui ont ensanglanté le Parti communiste cambodgien. De son vrai nom Long Bunruot, il est né dans la province de Battambang (nord-ouest). Il étudie à l’université de Thammasat à Bangkok de 1941 à 1948, et travaille à mi-temps pour le ministère thaïlandais des Affaires étrangères pendant les trois dernières années. Il a fait partie du Parti communiste thaïlandais. De retour au Cambodge en 1949, il aide à organiser le PC cambodgien au lendemain de l’indépendance (1954). No 2 du commandement militaire khmer rouge et son commissaire politique en chef de 1970 a 1975, Nuon Chea a été président de l’Assemblée entre 1976 et 1979 et brièvement Premier ministre en septembre et octobre 1976. Khieu Samphan «l’intellectuel» : connu comme «l’image publique» des Khmers Rouges, qu’il représenta lors de la signature des Accords de Paix de Paris en 1991. Né en 1931 dans la province de Svay Rieng (sud-est), il a été élève du meilleur lycée de Phnom Penh avant de suivre des études universitaires en France dans les années 50. Sa thèse de doctorat en économie, prêchant le retour aux valeurs de la terre, est souvent mentionnée comme le modèle de l’expérimentation agrarienne imposée par les Khmers rouges de 1975 à 1979. Comme Pol Pot, il adhère à Paris au Cercle des étudiants marxistes cambodgiens. Il rentre au Cambodge en 1959 pour y devenir professeur et journaliste. Il est élu député de gauche en 1962 et 1966. Craignant d’être arrêté, il disparaît de Phnom Penh en 1967 avant de refaire surface en 1975 en tant que membre de la hiérarchie khmère rouge. Khieu Samphan a toujours été un serviteur loyal et diligent de Pol Pot, un maître des basses œuvres sous des allures courtoises, jusqu’à l’éviction du despote de la direction de la guérilla en juin 1997. Il fut officiellement chef d’État du «Kampuchéa Démocratique» d’avril 1976 jusqu’à l’effondrement du régime au début 1979 après l’invasion vietnamienne. Il a ensuite été Premier ministre du gouvernement provisoire de la guérilla, son leader nominal, dans les années 1980 et 1990. — L’ancien No 1 de la dictature khmère rouge, Pol Pot, est décédé en avril à l’âge de 73 ans, apparemment d’une crise cardiaque, dans l’extrême-nord du Cambodge, tout près de la frontière thaïlandaise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La reddition des deux membres importants de la vieille garde khmère rouge isole davantage Ta Mok, dernier dirigeant historique des Khmers Rouges encore en rébellion. Ta Mok «le soldat» : chef d’état-major des Khmers Rouges, surnommé «Le boucher» pour sa cruauté. Unijambiste depuis l’explosion d’une mine, il se trouverait quelque part dans la jungle à la frontière khméro-thailandaise, entouré d’une poignée de gardes du corps. Son âge exact n’est pas connu, il aurait dans les 70 ans. De son vrai nom Ek Chhoeun, Ta Mok (Ta veut dire «grand-père» en khmer) est né dans la province de Takéo, au sud du Cambodge. Parmi les dirigeants khmers rouges, il est le seul à ne pas avoir été éduqué à l’étranger. Il a fait ses armes dans le combat anti-colonial au début des années 50 avant de rejoindre le Parti...