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Actualités - Opinion

Note de lecture : Akl Awit : les feux de la passion

Il a depuis toujours taquiné les muses. Son royaume est celui du verbe et du rêve. Sous le titre mystérieux, bien poétique de «Iftahi al ayam li akhtafi waraaha», Akl Awit publie son septième recueil. Poésie à la sonorité grave, musicalité riche venue de rives lointaines, images retentissantes, verbe fluide, associations sonores et linguistiques étranges et séduisantes, syntaxe peu familière mais maîtrisée, dans un arabe à la formulation altière et belle. Langage ciselé d’un poète impliqué dans les miroitements du verbe depuis 1981. Akl Awit, fidèle à son écriture «imagée» et à une inspiration toujours teintée d’un romantisme moderne mais mélancolique, affronte ici les feux de la passion. Passion dissolvante, éthérée et charnelle à la fois, absolue et souveraine. En première ligne de cette plaquette aux pages largement mordues de blanc et qui donne le ton au recueil:«c’est une caresse qui éveille le mort et une fin qui ouvre l’histoire...» Sans tomber dans la préciosité et se confiner à une introspection morbide, le poète est à l’écoute de son corps, de ses désirs, de ses attentes, de ses aspirations. Monde individuel qui voudrait se fondre dans le cosmos entier tant les intermittences du cœur l’absorbent. C’est bien l’affaire d’une vie... Grâce à cet amour, cette passion, les sens s’aiguisent et les valeurs atteignent des dimensions différentes... Invocation et murmure se mêlent pour se transformer en un chant, en une prière où, l’être aimé peuple tout de sa présence/absence. Hymne à la femme, à celle qui partage une vie et règne sur un cœur sans partage. Ce livre est conçu comme une brûlante déclaration d’amour où, cependant, la spiritualité et les attributs de l’imaginaire ont une place particulièrement prépondérante. Touché par le feu sacré de l’amour, écoutons le poète: «Pour qu’une vie commence, il aurait fallu que je sois un cri dans le mutisme, que je sois le froid à l’hiver, la nudité à la nuit, que je sois l’ennui au corps, et le suicide pour la fenêtre...» Délire et dévotion totale où tout revient à chanter (littéralement) l’autre. En musicien des mots, Akl Awit, «fuyant et encerclé comme une destinée porte un corps», puise son inspiration dans les profondeurs mêmes de la vie pour mieux confier comment «les mains de sa bien-aimée tissent la toile du temps...». Pour dire en termes de poésie ces chroniques du cœur célébrant la vie et ses sortilèges, Akl Awit, par-delà «le brasier de son corps» qui regarde «un arbre fiancé à la terre» est assez lucide pour déclarer en toute humilité: «Je vis avec ma vie et non ma vie...».
Il a depuis toujours taquiné les muses. Son royaume est celui du verbe et du rêve. Sous le titre mystérieux, bien poétique de «Iftahi al ayam li akhtafi waraaha», Akl Awit publie son septième recueil. Poésie à la sonorité grave, musicalité riche venue de rives lointaines, images retentissantes, verbe fluide, associations sonores et linguistiques étranges et séduisantes, syntaxe peu familière mais maîtrisée, dans un arabe à la formulation altière et belle. Langage ciselé d’un poète impliqué dans les miroitements du verbe depuis 1981. Akl Awit, fidèle à son écriture «imagée» et à une inspiration toujours teintée d’un romantisme moderne mais mélancolique, affronte ici les feux de la passion. Passion dissolvante, éthérée et charnelle à la fois, absolue et souveraine. En première ligne de cette...