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Actualités - Chronologie

Bagdad vit au rythme des sirènes d'alarme

Bagdad, pilonnée la veille par des dizaines de missiles de croisière, se préparait jeudi soir à une nouvelle nuit de bombardements américano-britanniques et vivait au rythme du déclenchement des sirènes d’alarme. En début de soirée, les sirènes d’alarme ont retenti dans les quartiers est de la capitale irakienne, annonçant comme la veille le début de frappes. Cependant vingt minutes plus tard, aucune explosion n’avait été entendue. La circulation restait fluide dans la capitale, bien éclairée comme la veille, mais la plupart des échoppes avaient fermé leurs portes. Dans le quartier de Karrada-Dakhel, au centre de Bagdad, des badauds s’attardaient autour d’une maison détruite la veille par un missile, alors que des ouvriers s’activaient à dégager les décombres et à rétablir le réseau d’adduction d’eau, endommagé par l’impact du missile. Dans plusieurs quartiers, la police et des miliciens en armes ont pris position autour des principaux carrefours et des bâtiments publics. Leur présence était visible depuis le matin, lorsque la capitale avait été subitement secouée par de fortes détonations au moment où la circulation était dense et les quartiers très animés. Après de nouvelles détonations, une heure plus tard, les commerces ont commencé à baisser leurs rideaux et la circulation à ralentir, plusieurs habitants ayant préféré rentrer chez eux en ce début de week-end en Irak. Le chef de l’État Saddam Hussein, qui a appelé la population à la résistance, a inspecté plusieurs sites bombardés la veille, dont la maison de l’une ses filles, Hala, qui, selon les médias officiels, était inhabitée au moment de l’attaque. Les journalistes ont été emmenés en visite guidée à Takrit, ville natale du président irakien à 170 km au nord de Bagdad, afin de constater qu’un dépôt de vivres y avait été atteint selon les autorités. Comme si de rien n’était La vie semble toutefois avoir repris jeudi son cours normal à Bagdad, malgré l’attaque américano-britannique. Comme à l’ordinaire, des enfants, portant leurs cartables, se rendent à l’école, et des employés et des ouvriers attendent les bus pour aller au travail. Dans les rues Saadoun et Joumhouriya, artères commerçantes du centre-ville, la circulation est habituelle et des restaurants ont ouvert leurs portes pour servir le petit-déjeuner. Des habitants se sont agglutinés en groupes sur les trottoirs, discutent des événements de la nuit et lisent le journal. Pourtant, des voitures montées de mitrailleuses sillonnent les rues, et des miliciens du parti Baas au pouvoir, en tenue léopard, y sont déployés. Il y a aussi des files de plusieurs centaines de mètres devant certaines stations d’essence. Une colonne de fumée noire, qui s’élève du sud-est de Bagdad, visible du centre-ville, rappelle que la périphérie de la capitale irakienne a été bombardée. Aucune précision n’a été apportée par les autorités irakiennes sur son origine. La nuit a été longue pour les 4,5 millions d’habitants de Bagdad, il est vrai habitués à la guerre. L’Irak a en effet connu huit ans de conflit armé avec l’Iran entre 1980 et 1988, puis la guerre du Golfe et plusieurs frappes militaires américaines depuis 1991. Les tirs de DCA se sont arrêtés à Bagdad vers 06h30 locales (03h30 GMT), mais des habitants de la banlieue ont indiqué avoir encore entendu à 09h30 locales (06h30 GMT) des déflagrations provenant de l’ouest et de l’est de la capitale. Ces détonations n’ont duré que quelques minutes. La radio irakienne diffuse des chansons patriotiques, dont plusieurs à la gloire du président Saddam Hussein. «Le rayonnement de ton esprit a tracé pour la nation la voie vers un avenir radieux», lance l’une d’elle. Aucune information n’a été donnée par les média officiels sur la situation dans les provinces. L’agence officielle irakienne Ina s’est contentée de rapporter que deux missiles, «tirés par les agresseurs pervers», ont explosé à Bagdad, faisant des dégâts matériels et blessant des dizaines de civils, dont deux enfants.
Bagdad, pilonnée la veille par des dizaines de missiles de croisière, se préparait jeudi soir à une nouvelle nuit de bombardements américano-britanniques et vivait au rythme du déclenchement des sirènes d’alarme. En début de soirée, les sirènes d’alarme ont retenti dans les quartiers est de la capitale irakienne, annonçant comme la veille le début de frappes. Cependant vingt minutes plus tard, aucune explosion n’avait été entendue. La circulation restait fluide dans la capitale, bien éclairée comme la veille, mais la plupart des échoppes avaient fermé leurs portes. Dans le quartier de Karrada-Dakhel, au centre de Bagdad, des badauds s’attardaient autour d’une maison détruite la veille par un missile, alors que des ouvriers s’activaient à dégager les décombres et à rétablir le réseau d’adduction...