Les bombardements américains et britanniques sur l’Irak ont eu un impact négatif, mais limité dans le temps et souvent compensé dans la journée, sur les places financières et les marchés des changes asiatiques jeudi, les intervenants tentant d’avoir une vision à long terme de la situation, tant sur le plan politique qu’économique. «Les marchés se concentrent sur deux facteurs majeurs. L’un est le développement de la procédure de destitution (déclenchée par le Congrès contre le président américain Bill Clinton), qui pourrait prendre plusieurs semaines et se prolonger, selon toute vraisemblance, jusqu’à l’année prochaine», a commenté Chua Soon Hock, directeur des stratégies chez Sanwa Bank. L’autre facteur, selon lui, est le passage d’une partie des pays de l’Union européenne à l’euro le 1er janvier 1999. «Même si les bombardements devaient durer quelques jours, je ne m’attends pas à ce qu’ils aient un grand impact sur les marchés financiers en Asie», a poursuivi M. Chua, qui estime que les investisseurs seront réticents à prendre des positions importantes avant la fin de l’année. Les places boursières asiatiques ont été en baisse à l’ouverture mais la plupart se sont redressées par la suite. «L’action militaire (américaine contre l’Irak) aura un impact psychologique sur les investisseurs locaux mais ses efforts seront de courte durée», a estimé Peter Chang de la maison de courtage Polaris Securities à Taipei. La crise du Golfe a donné aux intervenants l’occasion de vendre après les importants gains enregistrés par certaines bourses asiatiques au cours des derniers jours, ont indiqué les opérateurs. Les Bourses de Tokyo, Hong Kong et Singapour ont enregistré des hausses respectives de 0,2 %, 1,4 % et 0,5 %. Celle de Manille a progressé de 0,5 %. La plus importante perte a été enregistrée à Séoul, où l’indice a plongé de 3,1 % (17,08 points). Taipei a cédé 1,8 %, le marché étant surtout inquiet que des compagnies locales et des banques pourraient connaître des difficultés financières, ont ajouté les opérateurs. Bangkok et Kuala Lumpur ont subi des baisses respectives de 1,7 % et 0,21 %, Jakarta en baisse de 1,7 %. Les frappes américaines ont soutenu le secteur de l’or et de l’énergie en Australie où l’indice All Ordinaries a terminé en hausse de 1,6 %. Les monnaies asiatiques ont reculé face au dollar US sur le marché de Singapour, mais d’une façon moins forte que prévu. «L’expérience montre qu’une hausse soudaine du dollar ne perdure généralement pas», a commenté Mme Thio Chin Loo, expert des changes chez Paribas à Singapour, le dollar étant traditionnellement considéré comme une monnaie-refuge en temps de crise. «Les cambistes sont davantage attentifs aux problèmes américains fondamentaux à plus long terme, comme la procédure de destitution engagée contre le président Clinton, les nouvelles statistiques économiques, ainsi qu’un déficit croissant de la balance des comptes courants, autant de facteurs d’affaiblissement du dollar», a-t-elle ajouté.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les bombardements américains et britanniques sur l’Irak ont eu un impact négatif, mais limité dans le temps et souvent compensé dans la journée, sur les places financières et les marchés des changes asiatiques jeudi, les intervenants tentant d’avoir une vision à long terme de la situation, tant sur le plan politique qu’économique. «Les marchés se concentrent sur deux facteurs majeurs. L’un est le développement de la procédure de destitution (déclenchée par le Congrès contre le président américain Bill Clinton), qui pourrait prendre plusieurs semaines et se prolonger, selon toute vraisemblance, jusqu’à l’année prochaine», a commenté Chua Soon Hock, directeur des stratégies chez Sanwa Bank. L’autre facteur, selon lui, est le passage d’une partie des pays de l’Union européenne à l’euro le 1er...