Les «technoparcs» poussent comme des champignons en Inde, les promoteurs prévoyant à moyen terme l’essor des technologies de l’information. Une quinzaine d’infrastructures, d’une superficie totale d’environ 750 000 mètres carrés, réparties dans huit États, sont en cours de construction. Plus de la moitié de ces projets se situent à Bangalore, la «Silicon Valley» du sud de l’Inde où sont déjà installés des fabricants de logiciels. Le 22 novembre dernier, la ville voisine de Hyderabad, ou «Cyberabad», a inauguré son premier technoparc. Tous ces projets offriront à terme aux entreprises un ensemble d’équipements — liaisons par satellite, transferts ultra-rapides de données — leur permettant d’être opérationnelles dès leur installation. «Malgré toute la publicité négative sur son manque d’infrastructures, Bangalore restera la ville privilégiée par les sociétés multinationales d’infotech», prédit A. B. Fenn, directeur du marketing du groupe immobilier Raheja. Sa société construit un ensemble de 55 000 mètres carrés à Bangalore et deux autres à Madras, d’une superficie totale comparable. Tous ces projets seront achevés d’ici deux ou trois ans. Alok Narula, directeur du marketing du groupe Brigade à Bangalore, estime qu’à en juger par la croissance actuelle de l’industrie du logiciel dans la ville, le nombre de nouvelles sociétés à investir dans ces parcs sera «considérable». Brigade prévoit de créer à Bangalore sept technoparcs qui seront terminés dans les trois ou quatre prochaines années. 200 000 programmeurs K. G. Satheesh Kumar, responsable du parc Trivandrum, qui appartient à l’État, souligne que «100 sociétés fonctionneront grâce à nos équipements d’ici la fin du siècle, contre 30 actuellement». Entre avril et novembre de cette année, 39 demandes émanant de sociétés de software pour s’installer à Bangalore ont été approuvées, 35 demandes du même type ont été accordées à Hyderabad entre juillet et septembre. STPI (Software Technology Parks of India) estime que les exportations software de Bangalore vont passer de 20 milliards de roupies entre avril 1997 et mars 1998 — sur un total national de 63 milliards — à 35 milliards (825 millions de dollars) l’année suivante. Les analystes redoutent cependant que la création de tant de technoparcs conduise à une surcapacité, alors que l’Association nationale des sociétés de logiciels estime que le nombre de programmeurs dans le pays va passer de 75 000 aujourd’hui à 200 000 en 2000. «Ces parcs conviendront d’abord aux filiales des multinationales qui emploieront une centaine de personnes. Les sociétés plus importantes créeront leurs propres installations», déclare B. Ramaswamy, de Sonata Software Ltd. Sa société, qui emploie plus de 600 programmeurs, a décidé de construire son propre complexe. M. Chandrashekaran, conseiller à Silicon Automation Systems, est encore plus pessimiste. Il juge que les grandes sociétés indiennes de software créeront leurs propres infrastructures et que les petites sociétés n’auront pas les moyens de s’offrir leur place dans un technoparc.
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