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Actualités - Biographies

Art- César , le plus célèbre sculpteur de son temps, est mort Le roi du fer à souder

Visionnaire au regard perpétuellement neuf pour les uns, maître dans la stratégie du spectacle pour les autres, César, mort dimanche à Paris à l’âge de 77 ans, était le plus célèbre des sculpteurs de son temps. Pourtant, en 1995, alors qu’il allait représenter la France à la Biennale d’art contemporain de Venise, suprême consécration, il se disait «rongé par l’angoisse, la remise en question, le doute». Fausse modestie? Ses détracteurs le lui reprochaient, qui voyaient en lui un artiste «à la mode», voire «mondain». Mais lui disait «avoir eu une vie plutôt difficile», «ne pas avoir eu de marchand d’art pour le pousser aux Etats-Unis», «ne pas avoir eu de reconnaissance à Paris». Il allait jusqu’à se juger «nul». «Nul dans le sens où je suis inculte», en soulignant toutefois: «Ma sensibilité m’a fait faire quelque chose». Ce quelque chose démarre lorsque César Baldaccini, né un 1er janvier 1921 d’un père tonnelier toscan et d’une mère fascinée par Michel-Ange, s’inscrit aux cours du soir de l’Ecole des beaux-arts de Marseille. Il a alors 15 ans, a quitté l’école communale à 12 ans et travaille avec son père. Il fréquente divers ateliers (buste, modèle vivant) et se propulse à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, tout en effectuant divers petits métiers (moniteur dans une auto-école, mitron dans une boulangerie). Il sera bientôt nommé grand massier des sculpteurs. Vers 1953, César qui a travaillé le plâtre et le fer et s’est essayé au plomb repoussé, au fil de fer et à la céramique, réalise ses premières sculptures avec de la ferraille, «parce que, dira-t-il, ça ne coûtait rien». Il vit en effet chichement chez les propriétaires d’une usine de mobilier métallique à Villetaneuse, en région parisienne. Trois directions Son «bestiaire» («Poule», «Sauterelle», «Le Poisson»), puis ses nus («Petite Vénus», «Nu de la Belle-de-Mai»), en font le maître du fer à souder, alors qu’il se réclame à la fois de Brancusi, Germaine Richier et Picasso. Plus tard, en hommage au peintre de «Guernica», il érigera au carrefour de la Croix-Rouge à Paris, un «Centaure-Hommage à Picasso», haut de 4,70 mètres. Sa première exposition a eu lieu en 1954, mais dès les années soixante, César rejoint le groupe des Nouveaux Réalistes et célèbre la beauté des déchets industriels. Il emprunte pour cela trois directions: la «compression», «l’expansion» et «l’empreinte». Ainsi, des brocs («Hommage à Morandi») aux cageots de légumes en passant par les bicyclettes, il n’est rien qu’il ne puisse comprimer. Le monde du cinéma français lui doit les trophées comprimés décernés depuis 1976 aux acteurs, réalisateurs, scénaristes lors de la «Nuit des Césars». Dans le même temps, il développe ses «Expansions», grandes coulées bleues, blanches ou grises, en polyuréthane, évoquant une coulée de crème, de boue ou de pâte dentifrice. Avec ses «Empreintes», il agrandit massivement des parties du corps, comme le «Sein», moulé sur une danseuse du Crazy Horse, ou le «Pouce», souvent reproduit et atteignant jusqu’à 12 mètres de haut à La Défense, à Paris. Pour la Biennale de Venise, en 1995, il réalise un mur de «520 tonnes», colossal empilement d’automobiles. Si les inconditionnels voient en lui «un Benvenuto Cellini de la Ferraille», Le Figaro éreinte «son art de broder d’interminables paraphrases en partant de vieilles rengaines». Le quotidien Le Monde ne l’épargne pas plus après sa rétrospective de 1997 au Jeu de Paume, à Paris, ironisant sur sa «stratégie inégalée quant à la façon de construire une gloire médiatique internationale». Commandeur des Arts et Lettres, César était également «Prix Impérial» du Japon. Le dernier hommage à César avait été rendu, cet été, dans le jardin de la fondation Giannada à Martigny, en Suisse, où étaient exposées plusieurs de ses œuvres.
Visionnaire au regard perpétuellement neuf pour les uns, maître dans la stratégie du spectacle pour les autres, César, mort dimanche à Paris à l’âge de 77 ans, était le plus célèbre des sculpteurs de son temps. Pourtant, en 1995, alors qu’il allait représenter la France à la Biennale d’art contemporain de Venise, suprême consécration, il se disait «rongé par l’angoisse, la remise en question, le doute». Fausse modestie? Ses détracteurs le lui reprochaient, qui voyaient en lui un artiste «à la mode», voire «mondain». Mais lui disait «avoir eu une vie plutôt difficile», «ne pas avoir eu de marchand d’art pour le pousser aux Etats-Unis», «ne pas avoir eu de reconnaissance à Paris». Il allait jusqu’à se juger «nul». «Nul dans le sens où je suis inculte», en soulignant toutefois: «Ma...