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Actualités - Chronologie

Cinéma - Auteurs prolifiques, précarité économique Grand écran pour majors

Vingt ans après sa création, le Festival des Trois Continents de Nantes (ouest de la France), avec ses 1 000 films projetés depuis 1979, donne à voir la vie de tous les cinémas du monde, faite à la fois d’auteurs prolifiques et de précarité économique dans une lutte commerciale à armes inégales. En Asie, en Afrique ou en Amérique latine, le constat est souvent le même: le cinéma des auteurs nationaux est trop souvent absent des écrans de leur pays, où domine la production des «majors», la plupart du temps américaines. «Chez moi, seule une petite poignée de cinéphiles vient voir mes films», constate le Taïwanais Hou-Hsiao Tsien, pourtant primé au festival de Cannes, quatorze ans après l’avoir été à Nantes (1984). Analyse semblable, parmi d’autres, du réalisateur kazakh Darejan Ormibaev: «Les cinémas ferment et la distribution devient difficile», dit-il en étendant son propos à l’ensemble de l’ex-empire soviétique. Présent à Nantes pour la chaîne franco-allemande Arte, Jean Rozat, chargé du cinéma, affirme que dans les années soixante, sur les 700 films qui sortaient chaque année à Paris, 150 étaient américains, 150 français et les 400 autres du reste du monde. «Aujourd’hui, 500 films sortent, le nombre de films français et des États-Unis sont les mêmes, mais ceux du reste du monde ont diminué». À Nantes pourtant, plusieurs participants ont tracé quelques pistes pour tenter d’infléchir cette tendance. «C’est vrai, le cinéma africain est en crise, mais nous avons créé à Bamako (Mali) l’Union des créateurs et entreprises de cinéma et de l’audiovisuel de l’Afrique de l’Ouest (UCECAO). Nous souhaitons ouvrir des salles dans les 16 États de la région. On a d’abord voulu créer les productions avant les salles. Mais c’est l’inverse qu’il faut faire», préconise le cinéaste malien Souleymane Cissé. Investissements privés Pour Jean Rozat, «il est nécessaire d’aller vers des accords de distribution» entre l’Europe et les autres pays, car «cette distribution a été laissée aux Américains». En Amérique latine, certains pays comme l’Argentine et le Brésil ont mis en place des législations permettant des investissements privés dans le cinéma. Résultat notable, parmi d’autres: un Ours d’Or à Berlin pour le Brésilien Walter Salles avec «Central do Brasil». Peu diffusés, y compris sur les écrans français et à la télévision – à l’exception d’Arte qui a diffusé en 1997 54 films du reste du monde et 55 des États-Unis –, les films des Trois continents rivalisent pourtant de qualité. «Savourez ces images de l’autre bout du monde, rencontrez ces cinéastes, rêvez à leurs histoires». À l’invitation des organisateurs, les frères Philippe et Alain Jalladeau, au moins 30 000 spectateurs auront savouré à Nantes ces longs-métrages artistiquement riches. Mêlant souvent désormais la vidéo, le documentaire ou les images d’archives à leurs fictions, ces cinéastes donnent une nouvelle inspiration au 7e art, puisant dans le quotidien des gens ordinaires. Etrange ballet du Cubain Daniel Diaz Tores qui, dans «Tropicanita», raconte l’histoire d’un Allemand séparé de sa mère cubaine pour être élevé en Bavière par son père, et qui revient à Cuba 30 ans plus tard. Dans la même veine, le Japonais Kore-éda Hirokazu évoque avec «Après la vie» des gens qui vont mourir et laissent à des cinéastes le plus beau souvenir de leur vie qui sera ensuite mis en scène. Le festival devait s’achever avec la remise de la Mongolfière d’Or.
Vingt ans après sa création, le Festival des Trois Continents de Nantes (ouest de la France), avec ses 1 000 films projetés depuis 1979, donne à voir la vie de tous les cinémas du monde, faite à la fois d’auteurs prolifiques et de précarité économique dans une lutte commerciale à armes inégales. En Asie, en Afrique ou en Amérique latine, le constat est souvent le même: le cinéma des auteurs nationaux est trop souvent absent des écrans de leur pays, où domine la production des «majors», la plupart du temps américaines. «Chez moi, seule une petite poignée de cinéphiles vient voir mes films», constate le Taïwanais Hou-Hsiao Tsien, pourtant primé au festival de Cannes, quatorze ans après l’avoir été à Nantes (1984). Analyse semblable, parmi d’autres, du réalisateur kazakh Darejan Ormibaev: «Les cinémas...