L’intérêt pour le bug de l’an 2000 et les différentes approches pour le résoudre varient en fonction de la nature des sociétés dans lesquelles ces questions se posent. Si certains pays ont décidé de réagir sur une grande échelle, d’autres, notamment dans les pays en développement, sont à peine conscients de l’existence du problème. ÉTATS-UNIS : En tant que société dépendant largement de l’informatique, les États-Unis ont traité le problème de l’an 2000 avec le plus grand sérieux. Les premiers cris d’alarme ont été lancés au début de 1996 et en février 1998. Le président Bill Clinton a créé un Conseil de conversion à l’an 2000 dirigé par un haut fonctionnaire, John Koskinen, connu sous le nom de Tsar de l’an 2000 (Y2K czar). Dans un discours sur cette question, Bill Clinton a estimé que le coût du passage à l’an 2000 s’élèverait pour l’ensemble de la planète à des dizaines, voire des centaines de milliards de dollars. Il a également demandé à l’administration américaine de préparer un calendrier précis pour le 31 mars 1999. Rien que mettre à jour les ordinateurs du gouvernement coûtera 5 milliards de dollars, selon les prévisions budgétaires, et les experts estiment que la facture devrait croître tout au long de l’année à venir. Quelque 7 366 systèmes informatiques gouvernementaux ont été identifiés comme «missions critiques» — essentiellement parce qu’ils permettent au gouvernement de continuer à fonctionner — et seulement 40% d’entre eux sont assurés d’être opérationnels le 1er janvier de l’an 2000. L’addition pour les systèmes informatiques de l’industrie se montera aussi sans aucun doute à des milliards de dollars. Le groupe de surveillance Western Guard Year 2000 a déclaré qu’il était «relativement optimiste» concernant les initiatives officielles pour relever le défi posé par le passage à l’an 2000. CHINE : Les moyens informatiques de la Chine étant encore faibles, les conséquences du bug de l’an 2000 devraient être considérablement réduites. Après avoir longtemps tardé, le Conseil d’État chinois s’est fixé le 31 mars 1999 comme date limite pour revoir ses programmes. L’État chinois n’a cependant fourni aucune assistance financière. Le nombre d’ordinateurs augmente en Chine, où 2,5 millions ont été vendus en 1997. C’est en avril dernier, dans le Quotidien du Peuple, que le premier article sur le bug est apparu. La société chinoise est passée en un peu plus de dix ans du boulier aux réseaux informatiques, et seules les premières unités informatiques, notamment chez les militaires et les scientifiques, risquent d’être confrontées à de sérieuses difficultés. EUROPE : En Union européenne, les hommes politiques se sont sentis moins concernés par le bug de l’an 2000 que par l’euro. Hormis la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et les pays scandinaves, la plupart des gouvernements ont adopté une attitude plus ou moins désinvolte envers ce problème. L’euro, entrant en service une année plus tôt, a eu la priorité. Les gouvernements et la Commission européenne ont préféré une approche plus libérale bien que nombre d’enquêtes aient montré un niveau de conscience peu élevé du problème dans les entreprises qui ont rarement planifié et budgétisé leurs actions en ce domaine. JAPON : Les dépenses prévues pour résoudre le bug de l’an 2000 sont modestes, même sur la base de critères européens. Les responsables japonais croient néanmoins qu’ils disposent d’avantages qui devraient leur permettre d’éviter le pire. Un de ces atouts est un système alternatif de dates écrites, le système de l’empereur (dans lequel 1998, par exemple, est Heisei 10). En outre, les systèmes financiers japonais ont peut-être ciblé le problème plus rapidement que les autres. L’Association japonaise des utilisateurs d’informatique proposait déjà en 1992 que tous les programmes écrits en Cobol, le langage informatique le plus souvent utilisé dans le monde des affaires, recourent à des dates à quatre chiffres. Ceci a contribué à accroître la prise de conscience.
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