Le déploiement au Kosovo de la Mission de vérification (KVM) de l’OSCE, qui devait être opérationnelle début décembre, accuse au moins deux semaines de retard en raison de difficultés administratives et logistiques. Le président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Bronislaw Geremek, avait prévu que la KVM serait opérationnelle le 2 décembre, mais «il est plus probable que ce soit vers la mi-décembre», a déclaré Duncan Bullivant, porte-parole de l’organisation à Pristina, chef-lieu du Kosovo. «La KVM sera pleinement opérationnelle lorsque son commandement le deviendra», c’est-à-dire lorsque la cellule chargée de la diriger sera en mesure de coordonner l’activité de ses équipes sur le terrain et de «gérer les informations qu’elle recevra», a indiqué M. Bullivant. «L’état-major de la KVM et le nombre de personnes à sa disposition seront à un niveau élevé au 2 décembre, mais nous sommes incapables de dire quand la mission sera pleinement opérationnelle. C’est le chef de la mission, l’ambassadeur américain William Walker, qui en décidera», a ajouté M. Bullivant. L’OSCE attend aussi l’installation en Macédoine d’une force d’intervention rapide de l’Otan d’environ 1 700 hommes, qui devrait être prête, en cas de nécessité, à venir en aide aux 2 000 vérificateurs de l’OSCE qui seront déployés à terme au Kosovo (sud de la Serbie). La Macédoine a donné son accord de principe pour le stationnement de cette force sur son territoire, mais il appartiendra au nouveau gouvernement — qui devait être constitué lundi — de l’approuver formellement. Le déploiement de la KVM se heurte surtout à une bureaucratie yougoslave «paralysante», extrêmement lente à délivrer les documents accompagnant la mise en place de la mission, notamment les visas pour les vérificateurs et les autorisations d’importation de matériel, a indiqué un diplomate occidental. Les vérificateurs sont aussi confrontés à des difficultés logistiques, notamment au manque de logements et de moyens de communication. Ainsi, le premier contingent français, arrivé à la mi-novembre, a été logé dans un petit hôtel de Kosovska Mitrovica (nord), souvent privé d’électricité. Selon un de ses membres, le contingent a voulu dès le lendemain quitter l’hôtel pour chercher un logement plus confortable, mais il n’a rien trouvé de mieux et a dû se résigner à rester sur place. La vétusté des lignes téléphoniques est un autre problème. Le réseau terrestre est saturé et le GSM ne fonctionne qu’à Pristina. Pour l’heure, le mandat des vérificateurs, consistant à veiller au respect du cessez-le-feu entre forces serbes et séparatistes albanais et des dispositions de l’accord conclu à la mi-octobre entre le président yougoslave Slobodan Milosevic et la communauté internationale, est assumé par les missions diplomatiques d’observation Kosovo (KDOM), qui seront intégrées à la KVM. Il existe une KDOM américaine, une de l’Union européenne, une britannique, une française et une russe. «Tous les rapports des KDOM sont maintenant traités par l’état-major de la KVM, qui n’a cependant pas la capacité d’assigner des tâches mais ne fait que les suggérer» aux membres des missions diplomatiques, a précisé le porte-parole de l’OSCE. En attendant que la KVM soit complétée et opérationnelle, les effectifs de la KDOM grossissent au service de l’OSCE. Aux 122 vérificateurs de l’OSCE déjà sur place s’ajoutent 271 membres de la KDOM déployés dans la province, qui disposent actuellement de 81 véhicules blindés. Et les 63 membres des KDOM britannique et française travaillent déjà pour le compte de la KVM, sillonnant le Kosovo à bord de véhicules orange frappés du sigle OSCE.
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