Jean Charest, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), est un politicien aguerri, doté d’un charisme indéniable qui, sous la pression du Canada anglophone, livre avec les élections provinciales de lundi un des combats les plus difficiles de sa vie. Charmeur et télégénique, avec ses cheveux bouclés, M. Charest, qui est âgé de 40 ans, a atteint un record de popularité en mars lorsqu’il a annoncé son départ de la scène politique fédérale – où il était chef du Parti conservateur – pour prendre la direction du PLQ. À l’époque, on donnait à ce parti, dans d’éventuelles élections, quelque 10 points d’avance sur le Parti québécois (PQ) de Lucien Bouchard. M. Charest cédait ainsi aux prières des fédéralistes et globalement du Canada anglophone qui parlaient de «devoir patriotique» et voyaient en lui le «sauveur» de l’unité canadienne, seul capable de battre le PQ dont l’option politique majeure demeure la souveraineté de la province. Mais sa cote a chuté au fil des mois. Ministre à 28 ans Avocat, marié et père de trois enfants, né de mère anglophone et de père francophone, Jean Charest est un homme de contact, excellent orateur et parfaitement bilingue. Chaleureux et souvent plein d’humour, il a déjà avoué à l’instar du président américain Bill Clinton avoir fumé du haschisch quand il était étudiant, mais se dit opposé à toute légalisation de la drogue. Élu pour la première fois député canadien en 1984, M. Charest rentre deux ans plus tard dans le gouvernement conservateur fédéral de Brian Mulroney comme ministre de la Jeunesse, devenant ainsi à 28 ans le plus jeune ministre de l’histoire du Canada. Promu ministre du Sport amateur en 1988, il bannit à vie de l’équipe nationale d’athlétisme le sprinter canadien Ben Johnson, roi déchu pour dopage des Jeux de Séoul. Il siège alors au gouvernement aux côtés de M. Bouchard. Pris dans une controverse, il doit démissionner en 1990, mais sa «traversée du désert» sera brève puisqu’il réintégrera en avril 1991 le cabinet fédéral comme ministre de l’Environnement. Après la débâcle des conservateurs aux élections de 1993 – deux députés seulement, dont lui, à la Chambre des communes – il prend la tête du parti et tente de le reconstruire. Il ramènera 19 députés à Ottawa lors des élections de 1997, moins d’un an avant de quitter la scène fédérale. Le chef du PLQ n’a jamais voulu dire ce qu’il ferait s’il perdait, comme l’assurent les sondages, les élections provinciales. Une immense majorité des Québécois souhaitent qu’il reste à la tête de l’opposition dans la province, où de toute évidence il saurait mener la vie dure au gouvernement souverainiste.
Jean Charest, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), est un politicien aguerri, doté d’un charisme indéniable qui, sous la pression du Canada anglophone, livre avec les élections provinciales de lundi un des combats les plus difficiles de sa vie. Charmeur et télégénique, avec ses cheveux bouclés, M. Charest, qui est âgé de 40 ans, a atteint un record de popularité en mars lorsqu’il a annoncé son départ de la scène politique fédérale – où il était chef du Parti conservateur – pour prendre la direction du PLQ. À l’époque, on donnait à ce parti, dans d’éventuelles élections, quelque 10 points d’avance sur le Parti québécois (PQ) de Lucien Bouchard. M. Charest cédait ainsi aux prières des fédéralistes et globalement du Canada anglophone qui parlaient de «devoir patriotique» et voyaient en lui...
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