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Actualités - Biographies

Lucien Bouchard, le patriarche rassurant

Tribun acharné à défendre la spécificité du Québec, Lucien Bouchard, nommé chef du gouvernement souverainiste du Québec en 1996, va essayer lundi de légitimer ce mandat en gagnant les élections provinciales où les sondages le donnent largement favori. Leader charismatique, M. Bouchard, qui fêtera ses 60 ans avant Noël, avait défendu avec vigueur la souveraineté du Québec lors de la campagne référendaire de 1995, alors qu’il était chef de l’opposition à la Chambre des communes à Ottawa. Sous la pression populaire, il était devenu Premier ministre du Québec pour remplacer Jacques Parizeau démissionnaire après la victoire des fédéralistes au référendum. Maniant le verbe avec excellence, parfois avec autorité, il joue sur l’image rassurante du patriarche, qui demande aux Québécois «d’avoir confiance». Il s’appuie sur une canne depuis qu’une terrible maladie a failli l’emporter et lui a fait perdre sa jambe gauche fin 1994. Marié à une Californienne, père de deux enfants, il passe pour un grand amateur de littérature française, et tout particulièrement de biographies de personnages historiques. Au début de la campagne, il affirmait se détendre le soir en se plongeant dans un gros roman historique sur la Russie. Originaire d’une famille modeste de la région du Lac Saint-Jean, «château fort» des souverainistes québécois, M. Bouchard a commencé sa carrière comme avocat. Il remplit ensuite plusieurs mandats dans des organismes liés au domaine des relations du travail. Il figure parmi les amis personnels du chef conservateur Brian Mulroney. Devenu Premier ministre canadien, ce dernier nomme M. Bouchard ambassadeur du Canada en France en 1985. L’accord du Lac Meech Pendant les trois années passées à Paris, M. Bouchard affirme ne pas vouloir faire de politique. Il rejoint pourtant le cabinet de M. Mulroney comme secrétaire d’État en 1988 et se fait élire député fédéral la même année. On voit en lui le «lieutenant» québécois de M. Mulroney. Mais les deux hommes se brouillent à la suite de l’échec en mai 1990 de l’accord du Lac Meech, qui devait permettre au Québec d’adhérer à la Constitution canadienne avec un statut de «société distincte» au sein du pays. M. Bouchard démissionne de son poste de ministre de l’Environnement et claque la porte du Parti conservateur canadien. Deux mois plus tard, il fonde avec six députés un nouveau parti fédéral, le Bloc québécois, qui se donne pour mission de promouvoir la souveraineté du Québec et de défendre les intérêts de la province à Ottawa. Lors de l’élection qui suit, en 1993, le Bloc québécois s’impose sur l’échiquier politique avec 53 sièges et compose l’opposition officielle à la Chambre des communes. Les souverainistes purs et durs lui reprochent parfois d’être ambigu sur sa conception de la souveraineté du Québec et son intention de tenir un nouveau référendum seulement lorsque les «conditions gagnantes» seront réunies.
Tribun acharné à défendre la spécificité du Québec, Lucien Bouchard, nommé chef du gouvernement souverainiste du Québec en 1996, va essayer lundi de légitimer ce mandat en gagnant les élections provinciales où les sondages le donnent largement favori. Leader charismatique, M. Bouchard, qui fêtera ses 60 ans avant Noël, avait défendu avec vigueur la souveraineté du Québec lors de la campagne référendaire de 1995, alors qu’il était chef de l’opposition à la Chambre des communes à Ottawa. Sous la pression populaire, il était devenu Premier ministre du Québec pour remplacer Jacques Parizeau démissionnaire après la victoire des fédéralistes au référendum. Maniant le verbe avec excellence, parfois avec autorité, il joue sur l’image rassurante du patriarche, qui demande aux Québécois «d’avoir...