Les premiers distributeurs automatiques de préservatifs russes vont arriver la semaine prochaine à Moscou, assortis d’un appel au patriotisme des utilisateurs, adeptes jusqu’à présent des produits étrangers. «Des prix meilleur marché et un élan patriotique attireront les Russes vers nos machines», a assuré le PDG de l’usine Elastomer, Vladimir Lialine, au cours d’une conférence de presse. «Les Russes en ont assez d’acheter étranger. Ils pourront enfin lire dans leur langue les notices des préservatifs», a estimé pour sa part le sexologue Igor Kon. Mais les nouveaux préservatifs russes auront besoin d’une campagne publicitaire très puissante en raison de la mauvaise réputation de leurs prédécesseurs soviétiques. Surnommés «galoches» en argot ou encore «article numéro 2» dans la documentation officielle — le numéro 1 était réservé aux masques à gaz — les préservatifs soviétiques (au caoutchouc épais de couleur terne) étaient en vente dans toutes le pharmacies, alors que les produits étrangers étaient réservés aux polycliniques de la nomenklatura. Une première vingtaine de machines fabriquées aux Etats-Unis gagneront dès lundi les gares, les universités, les grands magasins et les stations d’essence de la capitale russe sous le slogan «Un préservatif pour chaque Russe». Cette nouveauté dans un pays où les mots comme «préservatif» ou «sexualité» ont été tabous pendant des décennies apparaîtra même au magasin de jouets «Detski mir» (Monde des enfants), qui a signé un contrat pour l’installation de distributeurs dans ses toilettes. Cette invasion choque cependant les propriétaires de certains restaurants ou boîtes de nuit à la mode. «Chez nous ce n’est pas un bordel», «Ici, c’est un restaurant où on vient en famille», a été la réponse la plus souvent faite au PDG de Pentcroft, la firme qui a fabriqué les distributeurs, Anton Belov. Même les parlementaires du Conseil de la Fédération se sont opposés à cette innovation, refusant que des machines soient installées dans leurs locaux, affirme M. Belov. La plupart des clients des nouveaux distributeurs seront âgés de 13 à 20 ans, selon une étude. Quelque 17.000 cas de syphilis, dont 100 chez des adolescents de 12 à 14 ans, ont été enregistrés l’an dernier à Moscou, soit 10 fois plus qu’il y a sept ans. «Si l’explosion des maladies vénériennes continue, nous n’excluons pas que les distributeurs de préservatifs arrivent dans les écoles», a estimé le médecin en chef des services sanitaires de Russie, Nikolaï Filatov. «Les distributeurs automatiques éviteront à la plupart des jeunes de rougir lorsqu’ils achètent un préservatif au pharmacien», a estimé M. Kon. Les préservatifs russes devraient également séduire les utilisateurs par leur prix — 5.000 roubles (moins d’un dollar) pour une boîte de trois — soit de deux à six fois moins cher que les produits étrangers, estime Dmitri Kotchev, un autre responsable de l’usine Elastomer, à Serpoukhov (sud de Moscou). Seule aujourd’hui à produire des préservatifs, l’usine a été récemment équipée par les Japonais et fabrique depuis octobre dernier un million de préservatifs par jour. La qualité des produits fabriqués avec du latex importé est aussi bonne que celle des préservatifs occidentaux, assurent les fabricants, qui comptent produire 238 millions de pièces par an alors que le pays a besoin d’1,5 milliard de préservatifs par an. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les premiers distributeurs automatiques de préservatifs russes vont arriver la semaine prochaine à Moscou, assortis d’un appel au patriotisme des utilisateurs, adeptes jusqu’à présent des produits étrangers. «Des prix meilleur marché et un élan patriotique attireront les Russes vers nos machines», a assuré le PDG de l’usine Elastomer, Vladimir Lialine, au cours d’une conférence de presse. «Les Russes en ont assez d’acheter étranger. Ils pourront enfin lire dans leur langue les notices des préservatifs», a estimé pour sa part le sexologue Igor Kon. Mais les nouveaux préservatifs russes auront besoin d’une campagne publicitaire très puissante en raison de la mauvaise réputation de leurs prédécesseurs soviétiques. Surnommés «galoches» en argot ou encore «article numéro 2» dans la documentation...