Les industriels français de la défense ont conclu mardi un accord qui permettra à Thomson-CSF, devenue société privée, de participer sous les meilleurs auspices à la restructuration européenne de l’électronique de défense. Grâce à des apports d’actifs de l’Aerospatiale, Dassault Industries, Thomson SA, le chiffre d’affaires de Thomson-CSF passera de 38,5 milliards de FF aujourd’hui à quelque 45 milliards lorsque l’ensemble des opérations seront achevées, normalement vers la fin juin/mi-juillet. L’accord prévoit notamment la création d’une Société Commune de Satellites (SCS) — regroupant les actifs concernés d’Alcatel, Aerospatiale et Thomson-CSF — contrôlée à 51% par Alcatel Alsthom et à 49% par Thomson-CSF. Pour sa part, Dassault Industries, la holding de contrôle de la famille Dassault, apportera à Thomson-CSF sa part de 61% dans son groupe d’électronique professionnelle Dassault Electronique. Immédiatement après la réunion d’ici fin juin d’une assemblée générale extraordinaire, Thomson-CSF lancera une OPA/OPE sur le solde du capital de Dassault Electronique (39%) détenu par le public aux mêmes conditions que celles obtenues par la famille Dassault: les actionnaires pourront échanger leurs titres à raison de 11 actions Dassault Electronique contre 34 CSF, où bien choisir l’option en numéraire (690 FF par action Dassault Electronique). Si le résultat de l’offre le permet, Thomson-CSF a l’intention de demander ensuite la mise en œuvre d’un retrait obligatoire des titres Dassault Electronique. Une étape décisive Les activités apportées par Alcatel et Dassault Electronique représentent un chiffre d’affaires supplémentaire d’environ sept milliards de FF pour Thomson-CSF. L’entrée d’industriels privés dans le capital de Thomson-CSF se traduira par la privatisation de fait du groupe. L’Etat, qui contrôle actuellement 58% du capital via Thomson SA, verra sa part tomber à 42,94%. Même avec les 4% obtenus par le groupe public Aerospatiale en l’échange d’apport de ses activités satellites à SCS, l’actionnariat public tombe sous la barre symbolique des 50%, véritable sésame pour discuter d’alliances globales avec les partenaires européens. Aerospatiale recevra, outre ses 4%, 1.250 millions de FF en rémunération de la cession à la SCS de participations minoritaires, à faible rentabilité immédiate, qu’elle détient dans différentes sociétés du domaine spatial. Pour financer cette opération, la Société Commune de Satellites procédera à une augmentation de capital d’un montant équivalent, souscrit par Thomson-CSF. De fait, Alcatel, qui contrôlera 16,36% du capital de Thomson-CSF, détiendra — avec Dassault Industries (6% du capital) — les principaux leviers de commandes opérationnels. Les deux groupes privés ont ainsi conclu un accord pour agir de concert en qualité de «partenaires industriels». Environ 1,5% à 2% des parts seront réservés aux salariés. L’accord entre industriels prévoit également un partenariat stratégique entre Alcatel et CSF avec la mise en œuvre d’une «très large coopération» en matière de recherche et de développement et un accès réciproque aux brevets de chacune des deux sociétés afin de dégager des synergies entre les activités civiles et militaires. Alcatel et Dassault Industries ont par ailleurs signé, avec Thomson SA et Aerospatiale, un pacte d’actionnaire concernant Thomson-CSF. Ce pacte sera soumis au Conseil des marchés financiers, qui en fera connaître les dispositions principales. Chez Thomson-CSF, on se félicite de cet accord, qui mettra fin à une longue série de tentatives infructueuses, sous le précédent gouvernement, pour privatiser le groupe et le placer sur l’orbite européenne. «C’est une étape très importante, très positive, qui prouve que le processus se déroule bien dans les délais et que les partenaires ont su trouver des terrains d’entente», souligne-t-on au siège. La privatisation ainsi que l’entrée, même minoritaire, de Thomson-CSF dans un pôle spatial fort (SCS) sont autant de motifs de satisfaction pour la direction du groupe. De même, souligne-t-on, le passage dans le privé et le supplément de crédibilité internationale apporté par Alcatel, sont des atouts dans le cadre des discussions entamées avec les partenaires européens: les britanniques GEC et British Aerospace, l’allemand Dasa ou le groupe italien Finmeccanica SpA. «Ce sont des signaux très positifs pour aborder les discussions avec ces acteurs-là», estime-t-on chez Thomson-CSF. Le nouveau président de Thomson-CSF, Denis Ranque, a réaffirmé à plusieurs reprises qu’il préférait des alliances européennes globales aux alliances ponctuelles, sectorielles. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les industriels français de la défense ont conclu mardi un accord qui permettra à Thomson-CSF, devenue société privée, de participer sous les meilleurs auspices à la restructuration européenne de l’électronique de défense. Grâce à des apports d’actifs de l’Aerospatiale, Dassault Industries, Thomson SA, le chiffre d’affaires de Thomson-CSF passera de 38,5 milliards de FF aujourd’hui à quelque 45 milliards lorsque l’ensemble des opérations seront achevées, normalement vers la fin juin/mi-juillet. L’accord prévoit notamment la création d’une Société Commune de Satellites (SCS) — regroupant les actifs concernés d’Alcatel, Aerospatiale et Thomson-CSF — contrôlée à 51% par Alcatel Alsthom et à 49% par Thomson-CSF. Pour sa part, Dassault Industries, la holding de contrôle de la famille Dassault,...