Le bâtonnier de l’ordre des avocats de Lima, Delia Revoredo, et son époux Jaime Mur se sont réfugiés au Costa Rica, estimant que le gouvernement du président Alberto Fujimori est «autoritaire» et procède à des intimidations. Ancien magistrat, opposante au gouvernement péruvien, Delia Revoredo, 55 ans, avait demandé lundi l’asile politique à l’ambassade du Costa Rica au Pérou, où son mari a fait la même démarche le 23 mars. Le couple était parti pour San Jose sous la protection de l’ambassadeur du Costa Rica au Pérou, Julio Chavez, qui l’a accompagné jusqu’aux marches de l’escalier d’embarquement d’un avion commercial à l’aéroport de Lima. Mme Revoredo a été destituée en mai 1997 de la Cour constitutionnelle (ainsi que deux autres magistrats) par le Congrès péruvien, après s’être prononcée contre une loi controversée qui rendait possible un troisième mandat du président péruvien, Alberto Fujimori, en l’an 2000. Le 23 mars dernier, son époux, Jaime Mur, avait demandé l’asile politique à l’ambassade au Pérou du Costa Rica, affirmant qu’on voulait l’emprisonner pour contrebande en guise de représailles contre l’attitude d’opposition de Mme Revodero. «Les services de renseignement national veulent nous éliminer de gré ou de force», avait déclaré lundi Mme Revoredo avant de se rendre à l’ambassade du Costa Rica. Ce départ a entraîné une vague de protestations devant les démonstrations d’autorité gouvernementales répétées et pose la question des droits de l’homme au Pérou, ont estimé des analystes. «Le cas de Delia Revoredo souligne la gravité de la situation des droits de l’homme dans le pays et met en relief les tendances anti-démocratiques très négatives du pouvoir politique», a estimé le quotidien financier Gestion, ajoutant que la situation au Pérou est «hautement préoccupante». De son côté, le journal progouvernemental Expreso a estimé qu’il «est nécessaire de mettre fin à ce scandale». «Il est impossible que dans le Pérou d’aujourd’hui se passe ce genre de chose, qui ressemble aux épisodes de dictature que nous croyions dépassés», peut-on lire dans un éditorial du journal. Groupe paramilitaire Les médias locaux ont fait remarquer que l’on compte jusqu’à présent quatre Péruviens qui, se considérant comme étant des persécutés politiques du gouvernement du président Fujimori, ont quitté le pays pour demander une protection diplomatique. L’ancienne agente des services secrets de l’armée péruvienne, Luisa Zanatta, a tenté d’obtenir l’asile politique aux Etats-Unis après avoir affirmé en décembre dernier sa peur d’être assassinée par les services du renseignement péruviens. Mme Zanatta a révélé l’existence d’un groupe paramilitaire de l’armée et a confirmé des accusations antérieures faisant état d’un réseau d’espionnage téléphonique visant les opposants de M. Fujimori. Toujours au Pérou, le journaliste Jose Arrieta a également demandé l’asile politique, affirmant être l’objet de persécutions pour avoir enquêté sur des violations des droits de l’homme perpétrées par l’armée. En outre, un Israélien, Baruch Ivcher, a perdu sa nationalité péruvienne parce que la chaîne de télévision qu’il dirigeait avait révélé des actes de corruption et de torture dans les sphères militaires. Dimanche, le chef de l’Eglise catholique péruvienne, le cardinal Augusto Vargas Alzamora, a dénoncé les cas de violation des droits de l’homme au Pérou, rappelant ceux de deux autres anciens agents des services secrets de l’armée, Leonor La Rosa et Mariela Barreto. Mme La Rosa est à moitié paralysée depuis qu’elle a été torturée par ses collègues de l’armée l’année dernière, et Mariela Barreto a été assassinée et son corps écartelé lors d’un crime attribué, par sa famille, à un groupe paramilitaire de l’armée. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le bâtonnier de l’ordre des avocats de Lima, Delia Revoredo, et son époux Jaime Mur se sont réfugiés au Costa Rica, estimant que le gouvernement du président Alberto Fujimori est «autoritaire» et procède à des intimidations. Ancien magistrat, opposante au gouvernement péruvien, Delia Revoredo, 55 ans, avait demandé lundi l’asile politique à l’ambassade du Costa Rica au Pérou, où son mari a fait la même démarche le 23 mars. Le couple était parti pour San Jose sous la protection de l’ambassadeur du Costa Rica au Pérou, Julio Chavez, qui l’a accompagné jusqu’aux marches de l’escalier d’embarquement d’un avion commercial à l’aéroport de Lima. Mme Revoredo a été destituée en mai 1997 de la Cour constitutionnelle (ainsi que deux autres magistrats) par le Congrès péruvien, après s’être...