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Actualités - Chronologie

Le grand crocodile, symbole des années de l'apartheid

L’ex-président Pieter Botha, qui comparaît devant la justice sud-africaine, incarne les années les plus dures de l’apartheid, sans remords ni états d’âme. Pour celui qui présida aux destinées du pays de 1978 à 1989, la Commission vérité et réconciliation (TRC) n’est qu’un «cirque» qui cache une chasse aux sorcières contre la communauté blanche. Inflexible, obstiné, cet homme de 82 ans a jusqu’à présent montré la plus mauvaise volonté à coopérer avec la TRC, qui veut l’interroger sur le rôle de l’Etat pendant l’apartheid et notamment sur les raids meurtriers menés à l’étranger. Celui que les Sud-Africains ont surnommé «le Grand crocodile» personnifia longtemps la «kragdadigheid» (la force, la poigne en afrikaans), même s’il initia à partir de 1984 quelques réformes superficielles, comme la création d’un Parlement à trois Chambres (blancs, indiens et métis) ou le toilettage des lois dites «mesquines» de l’apartheid, celles qui humiliaient quotidiennement les non-Blancs. Cependant, la philosophie raciste de «développement séparé» subsistait et le suffrage universel restait exclu, comme toute négociation avec le Congrès national africain (ANC, alors interdit). Surtout, cette période vit un durcissement impitoyable, avec un état d’urgence de 1986 à 1989, des détentions arbitraires par milliers, des assassinats mystérieux, des disparitions et une censure accrue. Depuis deux ans, la TRC s’emploie à collecter les témoignages sur cette «guerre totale» que la communauté blanche livra au communisme et à la lutte de libération. A ce sujet, celui qui fut premier ministre puis président affirme qu’il «ne s’excusera pas d’avoir contré des attaques révolutionnaires marxistes qui ont entraîné la mutilation et la mort de civils innocents». Travailleur et militant acharné, ce fils de fermiers afrikaners fit une ascension rapide au Parti national (NP), où il s’engagea à plein temps à 19 ans après des études de droit. Chargé de la Défense de 1966 à 1978, il contribua largement à la formation d’une armée nationale puissante. C’est aussi lui qui lança «la guerre du bush» en Angola, exemple des déstabilisations menées par Prétoria dans la région australe. En 1989, ses problèmes cardiaques le poussèrent à passer le flambeau à Frederik De Klerk qui allait ouvrir l’ère de la transition. Affaibli par une opération de la hanche, cet octogénaire garde toute sa combativité: veuf en juin dernier, il s’est fiancé en novembre avec une amie de 35 ans sa cadette. Au même moment, ses démêlés avec la TRC lui permettaient de revenir sur la scène politique dans le rôle du gardien farouche de l’identité Afrikaner. (AFP)
L’ex-président Pieter Botha, qui comparaît devant la justice sud-africaine, incarne les années les plus dures de l’apartheid, sans remords ni états d’âme. Pour celui qui présida aux destinées du pays de 1978 à 1989, la Commission vérité et réconciliation (TRC) n’est qu’un «cirque» qui cache une chasse aux sorcières contre la communauté blanche. Inflexible, obstiné, cet homme de 82 ans a jusqu’à présent montré la plus mauvaise volonté à coopérer avec la TRC, qui veut l’interroger sur le rôle de l’Etat pendant l’apartheid et notamment sur les raids meurtriers menés à l’étranger. Celui que les Sud-Africains ont surnommé «le Grand crocodile» personnifia longtemps la «kragdadigheid» (la force, la poigne en afrikaans), même s’il initia à partir de 1984 quelques réformes superficielles,...