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Actualités - Chronologie

Cyclisme Ballerini s'adjuge un deuxième Paris-Roubaix (photo)

L’Italien Franco Ballerini s’est adjugé dimanche, à 33 ans, son deuxième Paris-Roubaix, offrant une véritable démonstration dans des conditions climatiques difficiles. Au terme des 266,5 km d’une course disputée principalement avec un vent de face et une température inférieure à dix degrés, Ballerini a devancé deux de ses coéquipiers de la Mapei, l’équipe italo-belge signant là son deuxième triplé après celui du «centenaire» il y a deux ans. L’Italien Andrea Tafi s’est octroyé la deuxième place, le Belge Wilfried Peeters la médaille de bronze, tous deux à plus de quatre minutes du vainqueur. Le premier Français, Frédéric Moncassin (Gan), a conclu cinquième à près de cinq minutes du gagnant. Ballerini a définitivement conjuré le mauvais sort qui avait fait de lui le dauphin malheureux de Gilbert Duclos-Lassalle en 1993, où il avait été battu à la photo finale de quelques centimètres. D’un grand gabarit, 1m83 pour 77 kilos, ce «Don Juan» du peloton, même si sa notoriété est moindre que celle de Mario Cipollini dans ce domaine, obtient surtout la récompense de sa régularité dans la classique des classiques. Trente-quatrième en 1989, 19e en 1990, 5e en 1991, 11e en 1992, 2e en 1993, 3e en 1994, vainqueur en 1995, il donne au cyclisme italien sa 10e victoire en 96 éditions. Le métronome Roger Legeay, le directeur sportif de la formation Gan et grande rivale de la Mapei, a été le premier à tirer un coup de chapeau au lauréat en qualifiant cette victoire de celle d’un «homme intouchable». L’intouchable appartient aussi à une équipe irréprochable qui vient de rafler, en l’espace de huit jours, le Tour des Flandres avec son chef de file Johan Museeuw, Gand-Wevelgem grâce à son grand espoir belge Franck Vanderbroucke, et aujourd’hui Paris-Roubaix. Les Mapei seront encore les coureurs à battre mercredi lors de la Flèche Wallone et dimanche prochain dans la plus vieille des classiques, Liège-Bastogne-Liège. Pourtant, la journée n’avait pas trop bien commencé pour la Mapei. Dès la première difficulté, la traversée du secteur pavé de la tranchée d’Aremberg, Johan Museeuw et Stefano Zanini étaient contraints à l’abandon. Le Belge, ex-champion du monde, touché au genou lors d’une chute, a dû être transporté dans un hôpital proche pour des examens. Le diagnostic est sérieux, rotule cassée, et la saison est peut-être déjà terminée pour le roi des classiques. Peu chanceux également, l’Italien, 2e du Tour des Flandres, dont le vélo a été déstabilisé par les pavés, a été blessé au visage et aux dents. Le calvaire de Tom Steels C’est à cet endroit que Frédéric Guesdon, vainqueur surprise l’an dernier, a perdu toute chance de conserver sa couronne. Le Breton, pourtant solide comme un menhir, a été coup sur coup victime d’une crevaison puis d’une chute, laissant les «champs libres» du Nord à ses adversaires. La principale échappée a été l’œuvre de huit coureurs. Les Français Laurent Desbiens, Anthony Rokia, Thierry Gouvenou, Francis Moreau, les Belges Tom Steels et Ludo Dierckxsens, le Néerlandais Max Van Heeswijk et l’Allemand Mickaël Rich, ont compté jusqu’à cinq minutes sur un maigre peloton où figuraient tous les favoris, à l’exception du Belge Andreï Tchmil, victorieux en 1994. Très compacte pendant une centaine de kilomètres, l’échappée s’est ensuite disloquée au gré des difficultés. De huit hommes, elle s’est réduite à trois à l’entrée du 13e secteur pavé (sur les 27 que compte le parcours). Dierckxsens et Gouvenou perdaient alors Tom Steels, dont la course fut semée d’embûches: chutes, crevaisons, chaîne cassée… Rien d’anormal pour Paris-Roubaix mais le mauvais sort s’est particulièrement acharné sur lui. C’est à cinquante km de la flamme rouge que Ballerini a surgi pour faire la jonction avec le duo de tête. Dierckxsens a tenté de suivre sa roue, mais en vain. Moncassin, esseulé par son équipe et muselé par les Mapei, n’a jamais eu la possibilité et les capacités d’entretenir l’intérêt de la course, dont les quarante derniers km ont été monotones. Au passage de la ligne, Ballerini a assisté avec joie au triplé, confiant que depuis 1993, Paris-Roubaix était devenu son «unique objectif». «C’est un rêve. C’est magnifique de remporter la plus belle course de l’année», a déclaré le vainqueur d’un ton légèrement désinvolte, à l’image de la domination des Mapei. Voici le classement de la 96e édition de Paris-Roubaix courue dimanche et de la Coupe du monde (individuelle et par équipes), après trois épreuves sur les dix que compte la compétition: 1. Franco Ballerini (Ita/Mapei), les 266,5 km en 6h 55’16’’ moyenne: 38,505 km/h 2. Andrea Tafi (Ita) à 4’16’’ 3. Wilfried Peeters (Bel) à 4’19’’ 4. Leon Van Bon (P-B) à 4’49’’ 5. Frédéric Moncassin (Fra) à 4’49’’ 6. Rolf Sorensen (Dan) à 4’50’’ 7. Magnus Backstedt (Suè) à 4’52’’ 8. Bart Leysen (Bel) à 6’34’’ 9. Gianluca Bortolami (Ita) à 6’34’’ 10. Henk Vogels (Aus) à 6’34’’ 11. Thierry Gouvenou (Fra) à 6’34’’ 12. Ludo Dierckxsens (Bel) à 6’’35’’ 13. Andrei Tchmil (Bel ) à 8’34’’ 14. Michael Rich (All) à 9’12’’ 15. Christophe Capelle (Fra) à 9’12’’ 16. Biaggio Conte (Ita) à 9’12’’ 17. Peter Van Petegem (Bel) à 9’12’’ 18. Mario Aerts (Bel) à 9’14’’ 19. Tristan Hoffman (P-B) à 11’00’’ 20. Stuart O’Grady (Aus) à 11’00’’ Coupe du monde: Classement individuel: 1. Franco Ballerini (Ita) 124 pts. 2. Emmanuel Magnien (Fra) à 115 3. Stefano Zanini (Ita) 110 4. Erik Zabel (All) 100 5. Johan Museeuw (Bel) 100 6. Andrei Tchmil (Bel) 99 7. Frédéric Moncassin (Fra) 86 8. Peter Van Petegem (Bel) 73 9. Andrea Tafi (Ita) 70 10. Wilfreid Peetersz (Bel) 66 Classement par équipes: 1. Mapei (Ita) 28 pts. 2. Rabobank (P-B) 17 3. La Française des Jeux (Fra) 17 4. TVM (P-B) 13 5. Polti (Ita) 13
L’Italien Franco Ballerini s’est adjugé dimanche, à 33 ans, son deuxième Paris-Roubaix, offrant une véritable démonstration dans des conditions climatiques difficiles. Au terme des 266,5 km d’une course disputée principalement avec un vent de face et une température inférieure à dix degrés, Ballerini a devancé deux de ses coéquipiers de la Mapei, l’équipe italo-belge signant là son deuxième triplé après celui du «centenaire» il y a deux ans. L’Italien Andrea Tafi s’est octroyé la deuxième place, le Belge Wilfried Peeters la médaille de bronze, tous deux à plus de quatre minutes du vainqueur. Le premier Français, Frédéric Moncassin (Gan), a conclu cinquième à près de cinq minutes du gagnant. Ballerini a définitivement conjuré le mauvais sort qui avait fait de lui le dauphin malheureux de Gilbert...