Pour parvenir à la paix, protestants et catholiques d’Ulster doivent résoudre un difficile casse-tête institutionnel censé donner une autonomie limitée à la province, qui tienne compte de l’identité britannique des premiers et irlandaise des seconds. Le projet imaginé par Londres et Dublin pour mettre fin à 29 ans de troubles repose sur trois piliers, une assemblée locale, des organes de coopération entre le nord et le sud de l’Irlande, et un Conseil des îles. Les deux premiers constituent le nœud gordien des négociations. 1- L’assemblée locale — Catholiques: minoritaires dans la province (43% de la population) ils veulent à tout prix éviter de voir renaître l’ancien Parlement de Stormont, dissous par Londres en 1972 et symbole pour eux de la domination arbitraire des protestants. Ils veulent des élections à la proportionnelle et souhaitent qu’un gouvernement local, fonctionnant sur le principe du consensus entre les deux communautés, en soit issu. — Protestants: un droit de veto de l’une des deux communautés sur l’autre conduirait selon eux à la paralysie. Très réticents à partager le pouvoir avec les catholiques, ils refusent jusqu’à présent un exécutif local et prônent une formule de commissions parlementaires dont les présidents seraient élus par l’assemblée... à majorité protestante. 2- Les organes de coopération Nord/Sud — Catholiques: ils cherchent à obtenir un droit de regard aussi important que possible de Dublin dans la gestion de la province. Ils souhaitent que les organismes de coopération (tourisme, transport, environnement, agriculture), qui seraient coiffés par un Conseil ministériel (comprenant des représentants de Dublin et de Belfast), soient dotés de pouvoirs exécutifs et entérinés par un vote des députés britanniques et irlandais afin de leur donner une légitimité forte. C’est une condition essentielle pour le Sinn Fein, l’aile politique de l’IRA, qui a accepté de mettre entre parenthèses sa revendication à la réunification irlandaise. — Protestants: ils voient dans ces organes un «Cheval de Troie» de la réunification de l’Irlande. D’accord sur le principe de la coopération, ils se contenteraient volontiers d’un simple organe de consultation. Leurs représentants refusent en l’état de les doter de pouvoirs forts de peur de voir en émerger un «embryon de gouvernement pan-irlandais» et sont hostiles à un vote des Parlements de Londres et Dublin par crainte de voir ces entités échapper à leur contrôle. 3- Le Conseil des îles — Catholiques: c’est le sujet qui leur pose le moins de problème. Censé coiffer l’ensemble de l’architecture institutionnelle, il regrouperait des représentants de Dublin et Londres, ainsi que des régions autonomes du Royaume-Uni — Ecosse, Pays de Galles et Irlande du Nord — se réunissant en sommet deux fois par an. — Protestants: ils espéraient y voir la garantie de l’ancrage de la province dans le giron britannique. Mais les prérogatives sont jusqu’à présent très floues. Ils craignent que le Conseil ne se soit au mieux un «lieu de parlotte», au pire «une feuille de vigne» dissimulant la marche vers la réunification irlandaise. (AFP)
Pour parvenir à la paix, protestants et catholiques d’Ulster doivent résoudre un difficile casse-tête institutionnel censé donner une autonomie limitée à la province, qui tienne compte de l’identité britannique des premiers et irlandaise des seconds. Le projet imaginé par Londres et Dublin pour mettre fin à 29 ans de troubles repose sur trois piliers, une assemblée locale, des organes de coopération entre le nord et le sud de l’Irlande, et un Conseil des îles. Les deux premiers constituent le nœud gordien des négociations. 1- L’assemblée locale — Catholiques: minoritaires dans la province (43% de la population) ils veulent à tout prix éviter de voir renaître l’ancien Parlement de Stormont, dissous par Londres en 1972 et symbole pour eux de la domination arbitraire des protestants. Ils veulent des...
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