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Actualités - Chronologie

L'ONU impose un embargo sur les armes contre la Yougoslavie

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté mardi par 14 voix et une abstention — celle de la Chine — un embargo sur les livraisons d’armes à la Yougoslavie, afin d’imposer un règlement pacifique de la situation au Kosovo. Cette province de Serbie, dont la population est à 90% de souche albanaise, vient d’être le théâtre d’une vigoureuse répression antiséparatiste menée par la police yougoslave. Celle-ci a fait au moins 80 morts. La résolution votée mardi exhorte les autorités de Belgrade et celles de la communauté albanaise du Kosovo à engager d’urgence un dialogue significatif sans conditions préalables. Elle exprime également le soutien de l’ONU à «une amélioration du statut du Kosovo incluant un degré sensiblement plus important d’autonomie et d’auto-administration». Le Kosovo, considéré par les Serbes comme le berceau de leur nation, de leur Eglise et de leur culture, jouissait de 1974 à 1989 d’un statut d’autonomie au sein de la Serbie. Celui-ci a été aboli par Slobodan Milosevic, à l’époque président de la Serbie et actuel président de la nouvelle Yougoslavie (réduite à la Serbie et au Monténégro). La résolution, destinée à «favoriser la paix et la stabilité au Kosovo» demande à tous les Etats membres d’empêcher la vente ou la fourniture d’armes et de matériel militaire à la Yougoslavie, y compris le Kosovo. Cet embargo sera contrôlé par un comité où seront représentés les 15 Etats membres du Conseil de Sécurité. L’embargo sur les ventes d’armes sera reconsidéré lorsque le secrétaire général de l’ONU, Koffi Annan, qui fera le point de la situation tous les 30 jours, pourra certifier que la Yougoslavie respecte certaines exigences: ouverture d’un dialogue avec les Kosovars; retrait des unités spéciales de la police ayant dirigé la répression de ces derniers jours; accès des organisations humanitaires au Kosovo. Le document préconise également des mesures pour «prévenir l’armement et l’entraînement à des fins d’activités terroristes» au Kosovo, allusion aux groupes séparatistes qui reçoivent armes et argent de sympathisants à l’étranger. Une affaire purement interne Après le vote, l’ambassadeur de Yougoslavie, Vladislav Jovanovic, a toutefois déclaré que la question du Kosovo était une affaire purement interne et a rejeté toute intervention du Conseil de Sécurité. «Il n’y a pas et il n’y a pas eu de conflit armé au Kosovo (...) Par conséquent, il n’y a pas de danger de débordement, il n’y a pas de menace pour la paix et la sécurité et il n’y a pas matière à invoquer les dispositions contraignantes de la charte des Nations Unies,» a-t-il ajouté. Aucun organisme international n’est intervenu lorsque la police et l’armée ont mené des opérations beaucoup plus importantes dans des pays «se défendant contre le terrorisme et protégeant leur intégrité territoriale et la souveraineté», a-t-il dit. La Russie, alliée traditionnelle des Serbes, avait formulé des objections à certaines dispositions du projet de résolution, défendu par huit Etats membres (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Japon, Portugal et Suède). Moscou a néanmoins accepté de voter pour le document à la suite de modifications mineures de sa formulation et de contacts téléphoniques entre le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright et le ministre russe des Affaires étrangères Evgueni Primakov. Le délégué russe Iouri Fedotov a déclaré que son pays soutenait la résolution dans la mesure où celle-ci n’évoquait pas de sanctions contre qui que ce soit, «en particulier Belgrade, mais plutôt de mesures spécifiques conçues pour prévenir toute aggravation des tensions, ériger un obstacle au terrorisme extérieur et encourager le processus politique pour parvenir à un règlement rapide et durable.» Pour expliquer son abstention, le représentant de la Chine, Shen Guofang, a fait valoir que «beaucoup de pays de la région sont multi-ethniques. Si le Conseil doit être impliqué dans un différend sans demande du pays concerné, cela pourrait créer un précédent fâcheux et avoir des implications négatives plus larges.» (Reuters)
Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté mardi par 14 voix et une abstention — celle de la Chine — un embargo sur les livraisons d’armes à la Yougoslavie, afin d’imposer un règlement pacifique de la situation au Kosovo. Cette province de Serbie, dont la population est à 90% de souche albanaise, vient d’être le théâtre d’une vigoureuse répression antiséparatiste menée par la police yougoslave. Celle-ci a fait au moins 80 morts. La résolution votée mardi exhorte les autorités de Belgrade et celles de la communauté albanaise du Kosovo à engager d’urgence un dialogue significatif sans conditions préalables. Elle exprime également le soutien de l’ONU à «une amélioration du statut du Kosovo incluant un degré sensiblement plus important d’autonomie et d’auto-administration». Le Kosovo,...