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Actualités - Chronologie

Il était une fois .. l'été (photos)

Un rituel immuable se charge, deux fois par an, à dévoiler la mode qui sera de mise six mois plus tard. Les collections de l’été sont présentées en octobre et celles de l’hiver en février. C’est ainsi qu’on est en mesure de révéler quel sera le cheval de bataille de chaque maison de couture, quelles tendances il faudra noter, quelles couleurs aura la saison prochaine. C’est toutefois valable en théorie et dans le commerce, côté commandes. Mais tout le monde sait que ce sont les vogues qui, une fois descendues dans la rue, imposent leur dictature. «Valentino privilégie la sophistication urbaine aux accents résolument sportswear», informe son dossier de presse. Mais ce style décontracté qu’il préconise se traduit par des matières onéreuses, des montants astronomiques et des créations qui ne permettent que des trajets somptueusement véhiculés et des sorties entre happy few. Ses cafetans sont rebrodés, serrés et s’accompagnent de mules tapissées de paillettes, ses blouses gitanes sont taillées dans de la soie très pure et ses jupes en biais frangées d’argent ou incrustées. Dans des tenues pareilles, il serait difficile de trottiner dans la rue ou même penser gagner son pain ou ses biscuits à la sueur de son front. On verra donc peu, très peu, l’été prochain sous notre ciel les créations élitistes du couturier italien. Sauf dans certains cercles où l’argent a toujours bonne odeur. Jean-Paul Gaultier suit un tout autre registre, continue ses géniales facéties. Ses «Japoniseries» se traduisent par des geishas en vestes de judo, chignons orange ou rose, robes de coton laqué noir, des chemises à manches pagodes sur shorts ou jupes fluides. Aux pieds de ses Japonaises, tombées d’une autre planète, des chaussettes et des tongs, mais à talons! Viagra chez Leonard Le bleu, on le sait, est la couleur (d’emballage) de Viagra, la célèbre drogue ravigorante pour héros fatigués. Leonard, donc, pour son défilé, a joué cette carte. Frisées et plantureuses, dotées de décolletés opulents et de hanches généreuses, ses filles-Viagra arboraient des modèles en bleu... Tee-shirts et jeans-stretch, des bleus en camaïeu et robes du soir moulantes très, très généreusement fendues. Décidément le grand maître Léonard, des imprimés fleuris et romantiques, n’est plus du tout ce qu’il était. Daniel Hechter aussi a du nouveau. La nouvelle créatrice de la maison, l’Allemande Gritt Saymour, a parfaitement su rajeunir le style de la griffe tout en restant fidèle à la vocation «sports-wear». Superposition de robes droites, de la mousseline à reflets changeants, des vestes-chemises sur pantalons «taille-basse», comme l’exige la mode de l’été 99. Alber Elbaz quitte Guy Laroche Alber Elbaz a signé sa dernière collection chez Guy Laroche, puisque à partir de novembre il deviendra le styliste de la maison YSL: Yves Saint-Laurent. Longue chevelure lisse, silhouette gracile tout juste dessinée par le jeu savant des drapés: Alber Elbaz a présenté sa dernière collection pour Guy Laroche. Le créateur, qui sera le 1er novembre chez Yves Saint-Laurent chargé du prêt-à-porter, a reçu une ovation à l’issue du défilé. Il y a de la fragilité et de la poésie dans sa mode d’été, dans ses robes enroulées librement autour du corps, ses jupes-tulipes sous une chemise cache cœur de coton tourterelle. Avec maestria, il utilise des tissus masculins, comme ce voile de laine grise qu’il drape en longues robes décolletées, souplement ceinturées, ou taille en jupons à plis ronds sous un débardeur dénudant les épaules. Des pétales d’organza piqués sur les mules et les sandales à talons aiguilles frémissent au rythme de la marche. Alber Elbaz a imaginé la garde-robe la plus complète de la saison. On peut aussi y choisir un tailleur, une petite veste pinçant la taille sur jupe fendue à mi-mollet mandarine ou kaki. Et cette nouvelle interprétation du smoking au féminin (inventé par Saint-Laurent): une étroite jaquette et une grande jupe de lourd satin violet ou bleu nuit gansé sur le côté.
Un rituel immuable se charge, deux fois par an, à dévoiler la mode qui sera de mise six mois plus tard. Les collections de l’été sont présentées en octobre et celles de l’hiver en février. C’est ainsi qu’on est en mesure de révéler quel sera le cheval de bataille de chaque maison de couture, quelles tendances il faudra noter, quelles couleurs aura la saison prochaine. C’est toutefois valable en théorie et dans le commerce, côté commandes. Mais tout le monde sait que ce sont les vogues qui, une fois descendues dans la rue, imposent leur dictature. «Valentino privilégie la sophistication urbaine aux accents résolument sportswear», informe son dossier de presse. Mais ce style décontracté qu’il préconise se traduit par des matières onéreuses, des montants astronomiques et des créations qui ne permettent que...