Human Eights Watch dénonce les abus contre les immigrés en Arabie Séoudite
le 31 mars 1998 à 00h00
L’organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé hier les Nations Unies à enquêter sur les discriminations vis-à-vis des travailleurs étrangers en Arabie Séoudite. «De graves lacunes dans la législation du travail encouragent l’exploitation des travailleurs étrangers, qui sont à la merci de sérieux abus, d’arrestations et sujets à des fausses accusations», indique le groupe des droits de l’homme, basé à New York. «Les travailleurs, qui ont fait valoir leurs droits, ont été faussement accusés de crimes et punis de flagellation, d’amputation ou de décapitation, dans un système légal favorable aux nationaux séoudiens», ajoute l’organisation. HRW relève dans son rapport que «parmi plus de 630 personnes exécutées en Arabie Séoudite depuis 1990, plus de la moitié sont des étrangers». Critiquant le système selon lequel tout travailleur étranger doit avoir un «garant» séoudien, HRW affirme qu’il peut donner lieu à des abus de la part des employeurs. «Dans plusieurs cas, les employeurs confisquent les passeports de leurs travailleurs et les laissent à la merci d’arrestation et de déportation», faute de document, poursuit le rapport. «Cette atteinte à la liberté de circulation conduit parfois à des conditions de travaux forcés. Les femmes en tant qu’employées de maison, sont particulièrement vulnérables à ces travaux forcés de même qu’aux abus physiques et sexuels», selon le rapport. Human Rights Watch a aussi accusé les autorités séoudiennes d’«étouffer» les plaintes des pays pourvoyeurs de travailleurs en «les menaçant implicitement d’expulser cette main-d’œuvre». Le groupe a appelé la Commission des droits de l’homme de l’ONU à presser l’Arabie Séoudite de ratifier la convention des Nations Unies sur les droits des travailleurs immigrés et à étendre ses lois du travail à toutes les catégories d’employés, sans discrimination. Les autorités séoudiennes avaient indiqué en octobre dernier que plus de 500.000 travailleurs étrangers en situation illégale avaient quitté le royaume après une amnistie de trois mois leur permettant de partir sans payer de pénalité. Selon des estimations non officielles, les travailleurs étrangers constituent le tiers de la population séoudienne, estimée à 18 millions et sont originaires pour la plupart de pays asiatiques, essentiellement de l’Inde. Ils viennent également de l’Egypte et du Yémen. (AFP).
L’organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé hier les Nations Unies à enquêter sur les discriminations vis-à-vis des travailleurs étrangers en Arabie Séoudite. «De graves lacunes dans la législation du travail encouragent l’exploitation des travailleurs étrangers, qui sont à la merci de sérieux abus, d’arrestations et sujets à des fausses accusations», indique le groupe des droits de l’homme, basé à New York. «Les travailleurs, qui ont fait valoir leurs droits, ont été faussement accusés de crimes et punis de flagellation, d’amputation ou de décapitation, dans un système légal favorable aux nationaux séoudiens», ajoute l’organisation. HRW relève dans son rapport que «parmi plus de 630 personnes exécutées en Arabie Séoudite depuis 1990, plus de la moitié sont des étrangers». Critiquant le...
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