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Actualités - Chronologie

Démenti du Vatican : pas de correspondance Pie XII-Hitler

Le jésuite français Pierre Blet, le seul historien encore vivant ayant eu accès aux archives secrètes du Vatican, a démenti sèchement l’existence d’une correspondance entre le pape Pie XII et Hitler. Dans un article publié par la revue des jésuites italiens «Civilta cattolica», l’historien du Vatican qualifie de «légende fabriquée» le «silence» attribué à Pie XII sur la persécution des juifs pendant la guerre. Le père Blet garantit que tous les documents concernant cette période ont été publiés, sauf ceux qui pouvaient concerner des personnes encore vivantes. «Ces documents montrent, affirme-t-il, les efforts tenaces et continus du pape Pie XII pour s’opposer aux déportations, sur l’issue desquelles les soupçons augmentaient de jour en jour». «Le silence apparent, ajoute le père Blet, cachait une action secrète par l’intermédiaire des nonciatures et des épiscopats pour éviter, ou tout au moins limiter, les déportations, les violences, les persécutions». Les raisons de cette discrétion sont clairement expliquées par le pape lui-même dans différents discours, dans ses lettres aux épiscopats allemands ou dans les documents de la secrétairerie d’Etat: «les déclarations publiques n’auraient servi qu’à aggraver le sort des victimes et redoubler leur nombre». Auteur d’un monumental «Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale», dont les onze volumes ont été publiés entre 1965 et 1981, le père Blet estime que les textes «mettent en évidence les efforts de la diplomatie de Pie XII pour éviter la guerre, dissuader l’Allemagne d’agresser la Pologne, convaincre l’Italie de Mussolini de se dissocier de Hitler». «Sans vouloir décourager les futurs chercheurs, je doute beaucoup que l’ouverture des archives du Vatican concernant la période de la guerre modifiera notre connaissance de cette période», a ajouté le jésuite. L’historien du Vatican rappelle que Hitler était arrivé au pouvoir en 1933, quatre ans après le retour à Rome du cardinal Eugenio Pacelli, le futur Pie XII, qui avait été nonce à Berlin jusqu’en 1929. Il dément également les accusations selon lesquelles le Saint-Siège aurait caché des caisses d’or que les nazis avaient pris aux juifs. «Par contre, ajoute-t-il, il y a des documents sur les 15 kilos d’or que Pie XII a donnés à la communauté juive de Rome, quand elle fut victime du chantage des SS qui lui réclamaient 50 kilos d’or». En ce qui concerne les accusations adressées au Vatican d’avoir aidé les criminels nazis, le père Blet indique que si «les sympathies pour le Grand Reich de l’évêque Georges Hudal, recteur à Rome de l’Eglise nationale allemande, sont bien connues», il ne faut cependant pas «imaginer que le Vatican ait organisé à un vaste échelon la fuite des nazis vers l’Amérique latine». En tout cas, «si l’évêque Hudal a aidé à fuir des personnalités nazies importantes, il n’en a certes pas demandé l’autorisation à Pie XII», note-t-il. L’évêque Hudal a été accusé d’avoir aidé des criminels nazis tels qu’Adolf Eichmann et Martin Bormann. A la demande de Paul VI, le père Blet a travaillé pendant quinze ans, depuis 1964, avec les historiens jésuites italien Angelo Martini, allemand Burkhart Schneider et américain Robert Graham, à la rédaction des «Actes» en ayant accès aux archives secrètes du Vatican qui sont encore aujourd’hui fermées aux historiens. (AFP)
Le jésuite français Pierre Blet, le seul historien encore vivant ayant eu accès aux archives secrètes du Vatican, a démenti sèchement l’existence d’une correspondance entre le pape Pie XII et Hitler. Dans un article publié par la revue des jésuites italiens «Civilta cattolica», l’historien du Vatican qualifie de «légende fabriquée» le «silence» attribué à Pie XII sur la persécution des juifs pendant la guerre. Le père Blet garantit que tous les documents concernant cette période ont été publiés, sauf ceux qui pouvaient concerner des personnes encore vivantes. «Ces documents montrent, affirme-t-il, les efforts tenaces et continus du pape Pie XII pour s’opposer aux déportations, sur l’issue desquelles les soupçons augmentaient de jour en jour». «Le silence apparent, ajoute le père Blet, cachait une...