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Actualités - Chronologie

Annan confronté au désespoir des réfugiés palestiniens de Gaza

Le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan a été confronté au désespoir des réfugiés palestiniens hier en visitant le plus grand camp des territoires, où il a été assailli par une foule qui demandant de l’aide. M. Annan, accompagné de l’épouse du président Yasser Arafat, Souha, a été bousculé par des centaines de personnes en arrivant dans le camp de Jabaliya, près de Gaza, où il voulait visiter une école de garçons gérée par l’ONU. Il a dû écourter sa visite. «Vous devez nous aider, les Nations Unies doivent aider le camp de Jabaliya et tous les réfugiés», criait un vieil homme en jouant des coudes pour franchir un cordon d’agents de sécurité. Une femme s’est battue sans succès avec des officiers de sécurité pour approcher le chef de l’ONU, criant: «Pourquoi ne visite-t-il pas nos maisons?». «J’habite avec mes cinq enfants dans une maison qui fuit dès qu’il pleut», a expliqué Mme Halima Ward, 44 ans. «Il devrait venir voir comment nous vivons». Manifestement pris par surprise par la cohue, M. Annan s’est contenté de rencontrer brièvement le directeur de l’école et quelques enfants et de jeter un œil dans une salle de classe. Il a annulé une visite d’une clinique et d’un logement du camp, où vivent plus de 80.000 réfugiés, et est parti pour Jérusalem, dernière étape de sa tournée au Proche-Orient. Le secrétaire général a fait contre mauvaise fortune bon cœur. «J’ai apprécié ma visite à Jabaliya, avec toute la cohue et la bousculade», a-t-il confié aux journalistes qui l’accompagnaient. Les habitants de Jabaliya, comme la plupart des Palestiniens des territoires, ont été durement touchés par la dramatique détérioration de la situation économique depuis le début du processus de paix avec Israël, en 1994. Le revenu moyen dans les territoires a chuté d’environ 25% en quatre ans. Pour les habitants des huit camps de Gaza, la situation est aggravée par la remise en question des subsides de l’UNRWA, l’agence spécialisée de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, qui connaît de graves difficultés financières. Beaucoup de réfugiés craignent que les services d’éducation et de santé fournis par l’UNRWA pâtissent des restrictions budgétaires. «Si l’UNRWA commence à faire des économies sur note compte, ce sera un désastre», avertit un commerçant du camp, Mohammed Karameh, 37 ans. Selon lui, les habitants de Jabaliya «n’ont touché aucun bénéfice du processus de paix» qui est bloqué depuis un an. «Le monde a oublié les réfugiés. Si les problèmes les plus faciles ne peuvent pas être réglés par le processus de paix, qu’en est-il de la question des réfugiés?» , a-t-il expliqué. Plus de la moitié du million de personnes qui vivent dans la bande de Gaza sont des réfugiés, expulsés de chez eux lors de la première guerre israélo-arabe de 1948, ou leurs descendants. Leurs terres sont aujourd’hui dans l’Etat d’Israël, qui exclut catégoriquement leur retour. Au total, l’UNRWA s’occupe de quelque 3 millions de réfugiés palestiniens, dans les territoires mais aussi en Jordanie, en Syrie et au Liban. Lundi à Gaza, M. Annan a lancé un vibrant appel à la communauté internationale pour qu’elle soutienne l’agence. L’UNRWA «est, tout simplement, trop importante pour l’avenir de cette région pour être négligée», a affirmé M. Annan devant le Conseil législatif palestinien. «Il faut, peu à peu, restaurer tout son potentiel», a-t-il ajouté. (AFP)
Le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan a été confronté au désespoir des réfugiés palestiniens hier en visitant le plus grand camp des territoires, où il a été assailli par une foule qui demandant de l’aide. M. Annan, accompagné de l’épouse du président Yasser Arafat, Souha, a été bousculé par des centaines de personnes en arrivant dans le camp de Jabaliya, près de Gaza, où il voulait visiter une école de garçons gérée par l’ONU. Il a dû écourter sa visite. «Vous devez nous aider, les Nations Unies doivent aider le camp de Jabaliya et tous les réfugiés», criait un vieil homme en jouant des coudes pour franchir un cordon d’agents de sécurité. Une femme s’est battue sans succès avec des officiers de sécurité pour approcher le chef de l’ONU, criant: «Pourquoi ne visite-t-il pas nos...