YASA («Youth association for social awareness») est une association de la prévention routière. Le 19 août 1994, un jeune, Tarek Assi, a perdu la vie dans un accident de voiture. Ses amis décident alors d’entreprendre une action sociale pour sensibiliser les jeunes aux dangers de la route. C’est ainsi que nait la YASA. A partir d’octobre 95, les jeunes lancent une vaste campagne médiatique dont le slogan est: «Les accidents de la route ne sont pas un destin! Apprends à les éviter»: des posters, des tracts et des brochures sur les signalisations routières sont distribués dans les universités, les casernes, les sociétés... «Aujourd’hui, la YASA, dont le local se trouve à Hazmieh, compte 170 membres; des jeunes, de 20 à 30 ans», indique le président de l’association Ziad Akl. «Nous sillonnons le pays et organisons un peu partout des conférences, des études de cas d’accidents, des exposés-diapositives et des débats. Nous avons également donné de nombreuses entrevues-télé ou radio», ajoute-t-il, «et participé à des congrès médicaux ainsi qu’à des expositions grand public». Les jeunes de la YASA s’occupent surtout de prévention primaire, «c’est-à-dire de tout ce qu’on peut faire pour éviter l’accident», précise Ziad Akl. «Dans les écoles, nous nous adressons aux élèves à partir des classes du complémentaire». Enquêtes «Nous nous tenons au courant des campagnes de prévention routière organisées dans d’autres pays, comme en Australie, par exemple, et nous nous documentons continuellement sur le sujet», ajoute le président de l’association. «D’ailleurs nous avons créé au sein même de notre association un centre de recherches, le S.R.F. («Scientific researches foundation»), reconnu officiellement, tout comme la YASA, par le département des Affaires politiques et administratives du ministère de l’Intérieur. «Mois par mois, nous menons des enquêtes dans différentes régions. Les statistiques et les observations que nous dégageons sont ensuite publiées sous forme de brochures», explique Chantal Obeid, vice-présidente du centre, composé de 17 membres. «Notre dernière enquête portait sur l’utilisation de la ceinture de sécurité». Selon la YASA, les piétons représentent plus de 50% des cas de décès résultant d’accidents de voitures. «C’est un nombre très élevé, surtout lorsqu’on sait qu’en Europe, il est réduit à 10 %», note Ziad Akl. «Cela est dû au manque de passerelles pour piétons ainsi qu’au manque de trottoirs. Rien que pour les accidents qui surviennent dans la région dite Mirna-Chalouhi», indique-t-il, «on signale 35 décès par an; ce qui est dû au fait que dans cette zone à la fois industrielle et résidentielle il n’existe pas de pont pour piétons». Chiffres et conseils La YASA donne ces quelques conseils: — Contrôlez les pneus de votre voiture: plus ils sont usés, plus votre voiture est lente à s’immobiliser lorsque vous freinez en cas de danger. — Roulez lentement. A 30 km/h, il vous faudra 12 mètres pour immobiliser votre voiture; à 60 km/h, 42 mètres; à 90 km/h, 81 m... — Un conducteur à vitesse moyenne peut assimiler clairement ce qu’il voit. A 100 à l’heure, sa capacité diminue de moitié. — Alcool + conduite = danger. 33% des accidents en général et 40% des accidents mortels sont dus à la conduite en état d’ivresse. Effets observés après consommation d’alcool: après deux verres: relâchement et volubilité; après quatre verres: mouvements désordonnés, sens embrouillés; après cinq verres: idées confuses, difficulté à se mouvoir , délire verbal, lenteur des réflexes. — En cas d’ivresse, il suffit d’attendre que les effets de l’alcool s’estompent. Le temps est le seul remède. Quoi qu’on vous dise, en réalité, il ne sert à rien , en cas d’éthylisme, de boire du café, prendre une douche, marcher rapidement, danser ou manger. — Ce qui augmente l’emprise de l’alcool sur l’organisme: être à jeun; peser moins que la normale; être fatigué, physiquement ou psychiquement; être sous drogue ou sous calmant. — Les accidents de la route font plus d’un millier de morts par an. Pour en revenir à la YASA, son président Ziad Akl conclut en soulignant que «le problème des accidents routiers ne concerne pas seulement les ministères des Travaux publics et de la Santé, mais chaque citoyen. Nous pouvons tous contribuer à limiter le mal et à réduire les risques d’accidents». Pour que les carcasses de tôle ne soient plus spectacle quotidien...
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