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Actualités - Chronologie

Une Eglise de combat, face à la dictature

Quotidiennement confrontée à la misère, à l’injustice et à la violence, l’Eglise catholique du Nigeria, par fidélité à ses propres enseignements d’amour, de justice et d’équité, s’est retrouvée, naturellement, en première ligne dans le combat contre la dictature militaire au Nigeria. Depuis l’annulation arbitraire par les militaires de l’élection présidentielle du 12 juin 1993, qui a empêché le retour tant espéré à la démocratie et plongé le pays dans une grave crise politique de laquelle il n’est toujours pas sorti, les évêques catholiques du Nigeria sont montés au créneau pour dénoncer l’emprise des militaires sur la vie de la nation. Trente-huit ans après son indépendance, le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec plus de 100 millions d’habitants, n’aura connu que de brèves parenthèses civiles et vécu, pratiquement sans discontinuer, depuis 32 ans, sous la botte des militaires. La corruption qui a atteint tous les niveaux de l’Etat, et que tous les régimes militaires qui se sont succédé se sont jurés pourtant d’éradiquer, a détourné les immenses richesses pétrolières du pays au profit de quelques privilégiés proches du pouvoir. L’été 1994, lors de l’important mouvement de contestation déclenché par l’opposition et les syndicales pétroliers pour forcer les militaires à quitter le pouvoir, l’Eglise catholique s’était résolument rangée du côté de l’opposition. Qualifiant de «suicide national progressif» la situation de l’époque, les évêques avaient affirmé: «Les gens souffrent, sont fatigués et ont perdu toute illusion. Leur patience est à bout et le temps presse. Quelque chose doit être fait, et vite, pour que tous ensemble nous puissions sauver la nation». Egoïsme, cupidité et avidité En 1995, plus explicites encore, les évêques déclaraient: «Le Nigeria se porterait mieux si les militaires n’étaient jamais intervenus dans sa vie politique». «L’instauration d’un régime militaire, de par sa nature profonde, a surconcentré les pouvoirs au détriment de la liberté, des initiatives et d’une compétition saine entre les différentes composantes de la nation», affirmait ainsi, à l’époque, un communiqué signé par l’archevêque d’Onitsha, Mgr Albert Obiefuna, actuel président de la CBCN, qui sera l’hôte du pape Jean-Paul II. «Au cœur des problèmes de la nation se trouvent un égoïsme sans faille, la cupidité et l’avidité de pouvoir des militaires nigérians et d’une élite civile d’une part, la passivité complaisante et la naïveté des citoyens de l’autre», soulignaient les évêques. Si elle est sans complaisance pour les militaires, l’Eglise catholique ne perd pas l’occasion de dénoncer vertement, par ailleurs, la passivité et la tiédeur de ses fidèles face à l’oppression dont ils sont victimes. «Tous les Nigerians doivent admettre, en premier lieu, que leur nation est dans un état critique, au lieu de faire l’autruche et de prétendre que tout va pour le mieux», ont affirmé, début mars, depuis Onitsha, haut lieu du catholisme nigérian, les évêques catholiques réunis pour leur conférence annuelle. (AFP)
Quotidiennement confrontée à la misère, à l’injustice et à la violence, l’Eglise catholique du Nigeria, par fidélité à ses propres enseignements d’amour, de justice et d’équité, s’est retrouvée, naturellement, en première ligne dans le combat contre la dictature militaire au Nigeria. Depuis l’annulation arbitraire par les militaires de l’élection présidentielle du 12 juin 1993, qui a empêché le retour tant espéré à la démocratie et plongé le pays dans une grave crise politique de laquelle il n’est toujours pas sorti, les évêques catholiques du Nigeria sont montés au créneau pour dénoncer l’emprise des militaires sur la vie de la nation. Trente-huit ans après son indépendance, le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec plus de 100 millions d’habitants, n’aura connu que de brèves...