Un an après sa mise en chantier par Israël, une nouvelle colonie juive de Jérusalem-Est est devenue le symbole du blocage du processus de paix, même si elle ne comprend toujours aucun logement. Le 18 mars 1997, Israël lançait ses bulldozers à l’assaut de la colline boisée d’Abou Ghneim, dans le sud de Jérusalem-Est, à la limite de Bethléem. Objectif: édifier une colonie de 6.500 logements, bouclant la ceinture d’implantations juives coupant Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie. La communauté internationale exprime sa réprobation, les pays arabes condamnent vivement le projet et les Palestiniens claquent la porte des négociations avec Israël. Malgré la tempête politique, les travaux se poursuivent sur le terrain, les arbres sont rasés tambour battant et l’infrastructure — canalisations d’eau, routes et électricité — est achevée fin 1997. Mais depuis trois mois, plus rien. Le gouvernement de M. Benjamin Netanyahu s’est abstenu, en invoquant des délais «techniques» non spécifiés, de donner son feu vert à la mise en chantier de la première tranche de 1.000 logements. «Je ne sais pas pourquoi il y a ce retard, a affirmé mercredi M. David Bar-Illan, porte-parole de M. Netanyahu. Notre intention est bien d’édifier ce quartier, et nous allons construire ces appartements pour jeunes couples». Selon le calendrier initial, les adjudications pour la construction des immeubles auraient dû être lancées en décembre. Un conseiller du ministère du Logement, M. Moshé Eilat, a expliqué que ces adjudications devraient maintenant être lancées «dans les semaines qui viennent», mais il s’est dit incapable de donner une date. L’extrême-droite, influente dans la coalition au pouvoir, a accusé M. Netanyahu d’avoir discrètement cédé aux pressions américaines et européennes en gelant le projet. Mais même sans bulldozers au travail, le projet conserve le même potentiel explosif, comme l’a montré l’éclat diplomatique autour de la visite de M. Cook. Pour M. Netanyahu, Har Homa est le symbole du «droit» d’Israël à construire comme il l’entend partout à Jérusalem, considérée comme la «capitale éternelle» de l’Etat juif. Pour les Palestiniens, en revanche, la colonie est avant tout l’illustration des faits accomplis, systématiquement posés par Israël sur le terrain pour ruiner leur espoir national d’un Etat indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale. «La colline d’Abou Ghneim est le symbole de nos problèmes dans le processus de paix», a expliqué M. Salah Tamari, le député de Bethléem que M. Cook a rencontré près du site. «Ce n’est pas la paix, quand Israël peut continuer à confisquer nos terres et à diviser nos villes», a-t-il dit. Pour M. Bar-Illan, par contre, toutes les protestations palestiniennes ne sont qu’un prétexte. Selon lui, «les Palestiniens ont monté l’affaire en épingle pour avoir un prétexte de bloquer le processus de paix, dans l’espoir d’amener ainsi la communauté internationale à faire pression sur Israël». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un an après sa mise en chantier par Israël, une nouvelle colonie juive de Jérusalem-Est est devenue le symbole du blocage du processus de paix, même si elle ne comprend toujours aucun logement. Le 18 mars 1997, Israël lançait ses bulldozers à l’assaut de la colline boisée d’Abou Ghneim, dans le sud de Jérusalem-Est, à la limite de Bethléem. Objectif: édifier une colonie de 6.500 logements, bouclant la ceinture d’implantations juives coupant Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie. La communauté internationale exprime sa réprobation, les pays arabes condamnent vivement le projet et les Palestiniens claquent la porte des négociations avec Israël. Malgré la tempête politique, les travaux se poursuivent sur le terrain, les arbres sont rasés tambour battant et l’infrastructure — canalisations d’eau, routes et...