De trop nombreux pays ont relâché leurs efforts contre la tuberculose, une maladie plus meurtrière aujourd’hui dans le monde que le sida et la malaria réunis, et qui menace de tuer quelque 70 millions de personnes d’ici l’an 2020, a averti jeudi l’Organisation mondiale de la santé. La tuberculose, qui frappe essentiellement les pays en développement, mais aussi des pays industrialisés, notamment en Europe de l’Est, tue chaque année entre 2 et 3 millions de personnes, ont rappelé les responsables de programme de lutte contre la tuberculose de l’Organisation mondiale de la santé, lors d’une conférence de presse à Londres. Au début des années 1990, l’organisation avait lancé un programme visant à faire de la tuberculose une des priorités de la politique de santé dans le monde. Mais l’objectif fixé, qui était de soigner 80% des malades en l’an 2000, ne «sera pas atteint», ont prévenu les responsables de l’OMS. Les dernières statistiques montrent qu’en 1996, près de 900.000 personnes étaient soignées dans le monde, alors que 7 millions par an tombent malades, principalement en Asie du Sud-Est (deux tiers des cas). L’OMS a identifié seize pays où les efforts de lutte contre la tuberculose stagnent alors qu’ils comptent la moitié des nouveaux cas enregistrés chaque année. Ces pays n’ont pas, ou très tardivement, implanté la stratégie préconisée par l’organisation, une chimiothérapie puissante de quatre médicaments qui aboutit à la guérison dans huit cas sur dix. Le bacille ignore les frontières Parmi ces pays, la moitié sont «à revenu intermédiaire» et ont donc pourtant les moyens financiers d’agir contre le fléau (Russie, Brésil, Afrique du Sud, Philippines, Indonésie, Iran, Mexique et Thaïlande). Les autres sont des pays à plus bas revenus, essentiellement africains ou asiatiques (Ethiopie, Inde, Birmanie, Nigeria, Soudan, Ouganda, Pakistan, Afghanistan). Manque de volonté politique pour débloquer les crédits nécessaires, laisser-aller, difficultés administratives expliquent la stagnation des efforts, estime l’OMS. «Les dirigeants de ces pays ne comprennent pas que s’ils ne paient pas aujourd’hui pour lutter contre la tuberculose, ils paieront beaucoup plus plus tard», a estimé Richard Bumgarner, responsable du programme de l’OMS contre la tuberculose. En agissant ainsi, ils menacent non seulement leur population «mais le reste de la planète», a-t-il prévenu, car «le bacille ignore les frontières». D’autres, comme le Vietnam ou la Chine, ont su prendre les mesures nécessaires et le nombre de cas traités est en forte augmentation (+31% entre 1995 et 1996), a souligné l’organisation. Pour l’OMS, la lutte contre la tuberculose est plus urgente que jamais, car la maladie ne cesse de s’étendre. Augmentation de la population mondiale, sida qui favorise le développement de la maladie en affaiblissant les défenses, résistance à certains antibiotiques et absence de volonté politique sont les principaux facteurs de son développement. L’organisation prévoit qu’un milliard de personnes pourraient être atteintes dans les vingt prochaines années, alors que plus du tiers de la population mondiale est déjà porteuse du bacille. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats De trop nombreux pays ont relâché leurs efforts contre la tuberculose, une maladie plus meurtrière aujourd’hui dans le monde que le sida et la malaria réunis, et qui menace de tuer quelque 70 millions de personnes d’ici l’an 2020, a averti jeudi l’Organisation mondiale de la santé. La tuberculose, qui frappe essentiellement les pays en développement, mais aussi des pays industrialisés, notamment en Europe de l’Est, tue chaque année entre 2 et 3 millions de personnes, ont rappelé les responsables de programme de lutte contre la tuberculose de l’Organisation mondiale de la santé, lors d’une conférence de presse à Londres. Au début des années 1990, l’organisation avait lancé un programme visant à faire de la tuberculose une des priorités de la politique de santé dans le monde. Mais l’objectif fixé, qui...