Les best-sellers des vogues sont-ils impérissables? Le sautoir long de Coco Chanel, le boa de Rejane, les bas résille de Zizi Janmaire, le fume-cigarette de Marlène... Autant de reliques précieusement gardées dans le musée de la mémoire collective. Elles resurgissent, cependant, de temps en temps comme autant de messages tentant de renouer les fils avec l’engouement passé. Il en est ainsi cette année pour le sac de Diana, le collier de Jackie, les babies de l’époque des claquettes. Du tweed pour rajeunir C’était en 1995, quand la princesse de Galles honorait de sa charmante et juvénile présence l’exposition Cézanne. Madame Chirac, pour la remercier, lui offrait, en guise de souvenir, un sac matelassé signé Dior. Une année plus tard, la vénérable maison de couture informait que plus de 100000 exemplaires de ce modèle avaient été vendus et il fallait s’armer de beaucoup de patience pour obtenir les nouvelles versions fabriquées à tour de bras, disparaissant dès leur sortie. Édité en vingt différentes matières, avec de petites retouches, en cinquante-trois couleurs, le sac de Diana a vécu une longue et stable gloire jusqu’à présent. Toujours apprécié, toujours précieux (48000 francs en croco). La version 1995 qui vient de sortir est en tweed gris gainé de cuir (noir). Le collier de Jackie La maison Darel n’hésita pas, en 1996, à verser un demi-million de francs pour acquérir, lors de la vente des souvenirs de Jackie Kennedy, son collier en perles noires. Reproduit par la maison française, il est porté aujourd’hui par 30000 femmes dont certaines, parmi elles, aussi célèbres que sa première détentrice. Cette année, le bijou-relique s’offre de nouvelles couleurs: nacré, blanc, doré. Fabriqué artisanalement, selon une technique séculaire, il se donne (déjà) une valeur mythique. Babies Broadway C’était du temps des claquettes et de l’inoubliable duo Fred Astair Ginger Rogers. Les jambes divines de la danseuse se terminaient pour chausser ses pas miraculeux dans une paire de souliers à barrette, et talon carré, proches de ceux des danseuses de flamenco. Le modèle fut immédiatement happé par la foule des jeunes adeptes de claquettes puis il a sauté le pas pour descendre dans la rue et devenir best-seller impérissable. Très proche des premières chaussures de petite fille, il fut surnommé «baby’s» puis «babies» au pluriel. Le bottier Repetto de la rue de la Paix, à Paris, le relance cette année en deux versions: talon bas (3 cm) et talon haut (6 cm). Le «Broadway», comme on surnomme dorénavant ce soulier de danseuse espagnole (les danses latines reviennent en vogue et c’est ce genre de chaussure qu’ont toujours porté les vedettes de flamenco et du tango), porté avec des bas «résille» constitue le nec plus ultra de la tranche branchée des gens «in».
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