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Actualités - Chronologie

Ranariddh accusé d'avoir fomenté un coup d'Etat

Le prince Norodom Ranariddh, copremier ministre déchu, a été accusé mardi d’avoir fomenté un coup d’Etat avec les Khmers rouges pour renverser le gouvernement cambodgien, au premier jour de son procès par contumace devant un tribunal militaire de Phnom Penh. En exil à Bangkok depuis juillet, le prince, qui est absent et non représenté à l’audience, proteste de son innocence et refuse de reconnaître la légitimité de la cour, comme lors d’un précédent procès au début du mois. Il a déjà été condamné par défaut à Phnom Penh, le 4 mars, à cinq ans de prison pour trafic d’armes. Selon le procureur militaire, le prince et trois de ses lieutenants ont négocié illégalement avec les Khmers rouges, puis ont infiltré des soldats clandestins dans la capitale et les ont armés «dans le but de renverser le gouvernement légal par la force». Les contacts avec la guérilla sont officiellement proscrits depuis 1994. L’accusation a produit des quantités de fusils, selon elle confisqués aux partisans du prince, ainsi que des photos d’armes, de munitions, de radios et de blindés à l’appui de ses dires. Elle cherche ainsi à démontrer que le prince Ranariddh est directement responsable des combats de rue entre ses partisans et les troupes loyales à son rival Hun Sen, le second premier ministre, au début juillet à Phnom Penh. Le prince avait quitté la capitale à la veille de la confrontation armée, aboutissement de semaines de friction entre les deux camps, et avait été ensuite démis de ses fonctions par Hun Sen. Les accusés risquent l’emprisonnement à vie. Ils sont même passibles de la peine de mort pour l’un des cinq chefs d’inculpation, en vertu d’une loi de 1981, en dépit de son abolition inscrite dans la Constitution de 1993. Peu avant l’ouverture des débats, Amnesty International a dénoncé l’iniquité de la procédure, soulignant que l’un des co-accusés, le général Chao Sambath, chef adjoint des services de renseignements militaires du prince, avait été assassiné au lendemain de la destitution du premier ministre. «Il est grotesque que les autorités cambodgiennes poursuivent un homme mort et pas ceux qui l’on tué», a déploré l’organisation de défense des droits de l’homme dans un communiqué. La procédure judiciaire contre le prince Ranariddh s’inscrit dans le cadre d’un plan de paix japonais approuvé par la communauté internationale qui doit permettre son retour à Phnom Penh pour qu’il puisse participer aux élections du 26 juillet prochain. Selon le plan, s’il est reconnu coupable – le contraire serait surprenant –, le prince doit être grâcié par son père, le roi Norodom Sihanouk, ce qui le rendra éligible au scrutin. Toutefois, le pardon royal n’est pas encore acquis. Le monarque a fait savoir qu’il ne l’accorderait que si les deux chefs du gouvernement cambodgien, Ung Huot et Hun Sen, se déclarent par écrit favorables à l’octroi d’une amnistie. Hun Sen est disposé à respecter le vœu du monarque et à ne pas s’opposer au retour de l’ex-premier ministre, mais à condition qu’il «reconnaisse le verdict du tribunal», un chose à laquelle se refuse le prince. Le verdict est attendu mercredi en début de matinée. (AFP)
Le prince Norodom Ranariddh, copremier ministre déchu, a été accusé mardi d’avoir fomenté un coup d’Etat avec les Khmers rouges pour renverser le gouvernement cambodgien, au premier jour de son procès par contumace devant un tribunal militaire de Phnom Penh. En exil à Bangkok depuis juillet, le prince, qui est absent et non représenté à l’audience, proteste de son innocence et refuse de reconnaître la légitimité de la cour, comme lors d’un précédent procès au début du mois. Il a déjà été condamné par défaut à Phnom Penh, le 4 mars, à cinq ans de prison pour trafic d’armes. Selon le procureur militaire, le prince et trois de ses lieutenants ont négocié illégalement avec les Khmers rouges, puis ont infiltré des soldats clandestins dans la capitale et les ont armés «dans le but de renverser le...