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Actualités - Chronologie

Cyclisme - L'adieu d'un maestro Gianni Bugno quitte le peloton

L’adieu d’un maestro. Gianni Bugno, un des grands champions des années 1990, a quitté le peloton par le haut pour prendre sa retraite sportive à l’âge de 34 ans. En treize saisons, l’Italien aux yeux de huskie – encore vainqueur d’une étape de la dernière Vuelta – a suscité les plus folles espérances et les plus grands enthousiasmes. Tout un pays a cru qu’il serait le premier à mettre fin à l’interminable série d’insuccès italiens dans le Tour de France. En vain. Bugno, deux fois présent sur le podium des Champs-Élysées (2e en 1991, 3e en 1992), a buté à chaque fois sur Miguel Indurain, le champion espagnol qui entretenait avec lui des rapports basés sur l’estime. Si les «tifosi» ont tant admiré Bugno, pourtant de tempérament plutôt froid et réservé, la raison tient à l’incroyable facilité de ce Lombard né à Brugg en Suisse de parents émigrés pendant quelques années. Quand il gagna le Tour d’Italie 1990, en portant le maillot rose de bout en bout, rien ne semblait impossible à ce champion déroutant, sujet hyper-doué mais vulnérable. Doué, Bugno le fut entre tous. Capable de devancer les meilleurs grimpeurs au sommet de l’Alpe d’Huez, où il s’imposa à deux reprises dans le Tour de France, il rivalisa avec les plus grands spécialistes dans les contre-la-montre, grâce à son aptitude à tirer les plus grands braquets, et gagna surtout les courses d’un jour les plus prisées. L’Italien, qui compte au total quelque 70 victoires (dont la Coupe du monde 1990), inscrivit ainsi quatre courses de Coupe du monde à son palmarès. La première d’entre elles, Milan-San Remo 1990, fut acquise en pleine lumière, «dans un sillon magique» selon le titre émerveillé d’un journal qui s’extasia sur son arrivée en solitaire dans la Primavera, à près de 46 km/h de moyenne. «On ne remonte pas Bugno !» Mais Bugno réussit surtout l’exploit de gagner par deux fois, à douze mois d’écart, le Championnat du monde. À Stuttgart (Allemagne) en 1991, puis à Laurent Fignon, qui fut à la fin de sa carrière le coéquipier de Bugno, raconte l’anecdote: «L’équipe de France avait tout misé à juste titre sur Jalabert. Mais je n’ai pas eu le temps de le prévenir qu’il ne devait pas laisser emmener le sprint à Bugno. Après 250 kilomètres, on ne remonte pas Bugno»! Pareille mésaventure advint aussi dans le Tour des Flandres à Johan Museeuw, autre finisseur réputé. Le Belge, dans sa course fétiche, s’inclina d’un rien en 1994 face à l’Italien, pourtant loin d’être à son aise en terre flandrienne. Car Bugno n’aimait pas vraiment «frotter», prendre des risques sous la pluie ou dans les descentes. C’est pourtant sous le déluge qu’il avait disputé sa première course en 1978, menant une échappée jusqu’à cinq kilomètres de la ligne. Désormais, Bugno ne sera plus rejoint. L’Italien, qui raccrochera définitivement le vélo sur route dimanche prochain à Valence (Espagne), pourra se consacrer totalement à son autre passion, le pilotage d’hélicoptère, afin de transporter les invités de prestige sur les courses cyclistes.
L’adieu d’un maestro. Gianni Bugno, un des grands champions des années 1990, a quitté le peloton par le haut pour prendre sa retraite sportive à l’âge de 34 ans. En treize saisons, l’Italien aux yeux de huskie – encore vainqueur d’une étape de la dernière Vuelta – a suscité les plus folles espérances et les plus grands enthousiasmes. Tout un pays a cru qu’il serait le premier à mettre fin à l’interminable série d’insuccès italiens dans le Tour de France. En vain. Bugno, deux fois présent sur le podium des Champs-Élysées (2e en 1991, 3e en 1992), a buté à chaque fois sur Miguel Indurain, le champion espagnol qui entretenait avec lui des rapports basés sur l’estime. Si les «tifosi» ont tant admiré Bugno, pourtant de tempérament plutôt froid et réservé, la raison tient à l’incroyable...