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Actualités - Reportage

Dix à quatorze heures de travail par jour

Comment se présente la nature du travail des enfants? Le phénomène est varié. Des enfants sont rémunérés, d’autres ne le sont pas. Certains sont saisonniers alors que pour d’autres le travail est régulier. Selon l’article 21 du code libanais du travail : est considéré travailleur enfant, celui ou celle en dessous de 14 ans qui travaille de façon régulière, se voit, de ce fait empêché d’être scolarisé donc d’évoluer normalement, qu’il soit rémunéré ou pas. En 1970, la Direction des statistiques a établi des données sur la population active au Liban. Mais il faut attendre 1996 pour vérifier les nouvelles données en matière de population et de travailleurs, grâce à des études réalisées par la Direction des statistiques en collaboration avec le Pnud et d’autres organismes de l’Onu. L’échantillon a porté sur 70 000 ménages. L’Unicef a publié des études portant sur un échantillon recueilli auprès de 103 enfants travailleurs âgés de 8 à 18 ans et, en 1997, l’U.L. et l’Unesco ont chacun de son côté préparé des études sur le travail au Liban. En 1996, l’Organisation internationale du travail a exprimé son souhait de participer au programme pour l’élimination du travail des enfants en collaboration avec les organisme publics et privés connus. En février 1997, une mission de l’O.I.T. a visité le pays pour trouver des solutions adéquates à ce programme. Une étude approfondie est alors envisagée, récoltant des données sur le terrain, en vue de proposer les recommandations propres au Liban. Les enfants de moins de 14 ans constituent 30% de la population libanaise estimée à quatre millions d’habitants environ, sans les étrangers saisonniers et permanents. Le pourcentage des jeunes âgés de 10 à 14 ans et de 15 à 19 ans est estimé à 11% et 10% respectivement. Ce qui permet de constater qu’une bonne partie de la population est jeune. Sur un total d’une classe laborieuse connue de 944 281, 79% sont des hommes et 21% de femmes. La fréquence d’activité est observée dans le groupe de 25 à 34 ans. Le nombre de travailleurs enfants entre 10 à 14 ans est estimé à 5936 (1996). Les enfants de sexe masculin viennent en tête avec 87% et 17% pour les jeunes filles. Leur âge varie entre 10 à 14 ans. Selon les sources du ministère des Affaires sociales, pour cette même force laborieuse, les jeunes de 15 à 19 ans constituent 5,5% parmi lesquels 85% sont de sexe masculin et 15% féminin. La majorité des enfants travailleurs est libanaise (86%) les autres 14% étant étrangers (syriens, palestiniens, égyptiens…). Comme beaucoup d’autres pays, on sous-estime l’envergure de ce phénomène car beaucoup d’enfants travaillent de façon irrégulière. Ils ne sont ni déclarés, ni reconnus. Ils travaillent dans différents secteurs (domestiques, agricole…). Des enfants travailleurs saisonniers s’adonnent à la cueillette des olives et la culture du tabac plus particulièrement dans les milieux ruraux. Au Liban, les données précisent que 22 000 familles issues de milieux ruraux travaillent dans la culture du tabac au Sud, 2000 dans la Békaa, 2000 au Nord. Elles soulignent que le nombre d’enfants est évalué à 78 000, sachant que ce genre de travail n’est souvent accessible qu’aux femmes et enfants. Ces derniers commencent, dans la plupart des cas, dès l’âge de 8 ans leur première initiation à l’agriculture. Ils travaillent toute l’année. La plupart d’entre eux sont issus de familles défavorisées et s’ils ont reçu une forme d’éducation de base, il n’en reste pas moins que leur échec scolaire est souvent inévitable ainsi que l’abandon des études. 37,5% des enfants sont illettrés. Les causes sont multiples. Elles sont dues à la pauvreté, au déplacement, aux conflits, au besoin économique… Rappelons que selon l’Unicef, la majorité des enfants qui pénètrent dans ce monde de travail sont très jeunes. 43% découvrent le monde du travail dès l’âge de 10 à 13 ans, 21% ont travaillé avant l’âge de 10 ans et 36% commencent entre 14 et 18 ans. Les conditions du travail ne sont pas satisfaisantes. Des études entreprises par l’Unicef et l’U.L., montrent que les enfants travailleurs gagnent en dessous du salaire minimum tel que défini par le gouvernement en 1997 (300 000 LL ou 190 US$) L’exploitation se trouve encore plus aggravée par le nombre d’heures de travail. En dépit de la législation qui limite à sept le nombre d’heures de travail par jour, avec un répit d’une heure après 4 heures de travail, 38% des enfants travaillent 10 à 14 heures par jour et 36% 8 à 10 heures… Cette situation tient probablement au fait que les enfants travaillent d’une façon informelle, irrégulière et deviennent donc des proies faciles à l’exploitation par les employeurs. Rappelons qu’une loi datant de 1946 définit le travail de l’enfant dès l’âge de 8 ans. En juillet 1996, un amendement du ministère du Travail le situe à 13 ans, en accord avec les instances internationales. La loi, au Liban, précise qu’un jeune travailleur de moins de 21 ans ne peut exiger le salaire minimum. Les recommandations des organismes sociaux concernés voudraient porter cet âge à 17 ans aux mêmes conditions de travail. Le projet est depuis 1994 à l’Assemblée nationale.
Comment se présente la nature du travail des enfants? Le phénomène est varié. Des enfants sont rémunérés, d’autres ne le sont pas. Certains sont saisonniers alors que pour d’autres le travail est régulier. Selon l’article 21 du code libanais du travail : est considéré travailleur enfant, celui ou celle en dessous de 14 ans qui travaille de façon régulière, se voit, de ce fait empêché d’être scolarisé donc d’évoluer normalement, qu’il soit rémunéré ou pas. En 1970, la Direction des statistiques a établi des données sur la population active au Liban. Mais il faut attendre 1996 pour vérifier les nouvelles données en matière de population et de travailleurs, grâce à des études réalisées par la Direction des statistiques en collaboration avec le Pnud et d’autres organismes de l’Onu....