Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'Opération Condor : haro sur les opposants

L’implication du général Augusto Pinochet dans l’«Opération Condor», qui visait à éliminer les opposants aux dictatures militaires d’Amérique latine dans les années 70 et 80, constitue la principale accusation portée contre ce dernier. Le juge espagnol Baltazar Garzon, qui a demandé l’extradition de Grande-Bretagne de l’ancien chef d’État chilien durant le régime militaire, mène une enquête depuis deux ans sur ce réseau d’agents secrets qui couvrait le Chili, l’Argentine, la Bolivie, l’Uruguay et le Paraguay. La première victime de ce réseau a été le général chilien légaliste Carlos Prats qui s’était réfugié en Argentine après le coup d’État de 1973 fomenté par Pinochet. Lui et son épouse Sofia Cuthbert trouvèrent la mort le 30 septembre 1974, à Buenos Aires, dans l’explosion d’une bombe placée sous leur voiture. Un an plus tard, le 6 octobre 1975, l’ex-vice-président chilien Bernardo Leighton et son épouse Anita Fresno étaient gravement blessés par balles, lors d’un attentat à Rome imputé à des agents secrets. L’existence d’une opération concertée d’élimination des opposants au régime militaire chilien parut évidente avec l’assasinat, le 21 septembre 1976, en plein centre de Washington de l’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Unité populaire, Orlando Letelier, et de sa secrétaire Ronnie Moffit lors de l’explosion de leur voiture due à nouveau à une bombe. L’organisateur du réseau à partir de 1974 a été le général Manuel Contreras, fondateur du service de renseignements du régime militaire, la Dina, selon des enquêtes menées au Chili après le retour de la démocratie. La mission du réseau était aussi de recueillir des renseignements sur les militants de gauche, selon une revue chilienne, Apsi, aujourd’hui disparue, «dans le but d’éliminer les terroristes marxistes». Le général Contreras, qui a été condamné en 1995 à la prison après avoir été reconnu coupable d’être «l’auteur intellectuel» de l’assassinat de Letelier, a affirmé qu’il était sous les ordres directs de Pinochet. L’auteur de cet attentat était un ressortissant américain, Michael Townley, proche des milieux anticastristes, collaborateur de la Dina. De fortes présomptions pèsent également sur son implication dans les attentats ayant visé le général Prats et l’ex-vice-président Leighton. Pour mener à bien leurs opérations, les agents des services chiliens et paraguayens pouvaient disposer du soutien logistique des compagnies aériennes de ces deux pays (Lan-Chile et Lineas Aereas paraguayas).
L’implication du général Augusto Pinochet dans l’«Opération Condor», qui visait à éliminer les opposants aux dictatures militaires d’Amérique latine dans les années 70 et 80, constitue la principale accusation portée contre ce dernier. Le juge espagnol Baltazar Garzon, qui a demandé l’extradition de Grande-Bretagne de l’ancien chef d’État chilien durant le régime militaire, mène une enquête depuis deux ans sur ce réseau d’agents secrets qui couvrait le Chili, l’Argentine, la Bolivie, l’Uruguay et le Paraguay. La première victime de ce réseau a été le général chilien légaliste Carlos Prats qui s’était réfugié en Argentine après le coup d’État de 1973 fomenté par Pinochet. Lui et son épouse Sofia Cuthbert trouvèrent la mort le 30 septembre 1974, à Buenos Aires, dans l’explosion...