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Actualités - Chronologie

L'UEO célèbre son 50e anniversaire sans faste ni gloire

L’Union de l’Europe occidentale (UEO), seule instance européenne de défense, célébrera mardi le 50e anniversaire de sa création sans faste ni gloire, alors que l’institution s’estime prête à intervenir dès que ses membres en auront la volonté politique. Pour marquer cette échéance, un simple colloque est organisé à Bruxelles, avec les secrétaires généraux de l’UEO et de l’OTAN, le Portugais José Cutileiro et l’Espagnol Javier Solana, et seulement trois ministres: le Belge Erik Derycke (Affaires étrangères) et les Polonais Janusz Onyszkiewicz et Grec Apostolos-Athanasios Tsohazopoulos (Défense). La Pologne et la Grèce président respectivement l’OSCE et l’UEO. «Pour déplacer des ministres, il faut qu’ils aient quelque chose à dire», note un diplomate, en reconnaissant que «rien d’extraordinaire» n’a été prévu pour fêter la signature le 17 mars 1948 à Bruxelles d’un traité de collaboration économique, sociale, culturelle et de légitime défense entre la Belgique, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Depuis, seule la défense est restée dans le giron de l’UEO qui a cédé à différentes instances ses autres compétences. L’Allemagne et l’Italie ont rejoint en 1954 l’organisation et d’autres nations ont suivi, avec des statuts divers: membre, associé, observateur ou partenaire. «Nous sommes 28 aujourd’hui, dont la moitié issue de l’Europe de l’Est», constate le président de l’Assemblée parlementaire de l’UEO, l’Espagnol Lluis Maria de Puig, en estimant que le nom de l’institution est devenu inapproprié. Pour le changer, «il faut réviser le traité et les membres se sont tous élevés contre cette idée», ajoute-t-il, en évoquant la difficulté de ces derniers à se montrer unanimes. Londres a mis en avant le risque «d’autres changements que pourraient demander les ennemis de l’OTAN». Bonn a craint une dissolution de l’UEO tandis que Madrid mettait en garde contre les «ennemis» de l’UE qui voudraient réduire l’idée d’une défense européenne. M. de Puig a réclamé en vain la tenue en 98 d’un sommet de l’UEO afin de la relancer lors de son 50e anniversaire. Prisonnière des contradictions de ses membres — «les uns favorisent l’OTAN, les neutres et la Grande-Bretagne s’opposent à une fusion UE-UEO qui transformerait l’Union en alliance militaire, ce que veulent les autres» —, l’UEO en est réduite à attendre son heure. Coquille vide pendant près de 50 ans, elle est devenue depuis la fin de la guerre froide (1989) «un véritable instrument politico-militaire» permettant aux Européens de gérer des crises sans implication directe des Nords-Américains, selon M. Cutileiro. Son champ d’intervention a été défini (missions humanitaires, de paix, d’évacuation de ressortissants), des mécanismes opérationnels ont été établis (cellule de planification, centres d’interprétation satellitaire et de suivi des crises), et des unités multinationales créées comme le Corps européen. «Nous avons un outil européen de défense, qui n’existait pas il y a dix ans, prêt à fonctionner. Il reste à l’utiliser en lui donnant sa crédibilité», selon un responsable de l’UEO. En 1997, la volonté politique des Européens a fait défaut pour mettre fin aux troubles en Albanie. L’Allemagne et la Grande-Bretagne se sont opposées au recours à l’UEO pour une opération mobilisant 5.000 militaires, en définitive menée par une force adhoc d’unités européennes conduites par l’Italie. C’était la «mission idéale», dit M. Cutileiro. En attendant le baptême du feu de la «nouvelle UEO», l’OTAN et les Etats-Unis continuent de régner sans partage sur la sécurité en Europe. «L’identité européenne de défense et de sécurité reste une vaste plaisanterie», peut-on entendre souvent dans les états-majors de l’OTAN. (AFP)
L’Union de l’Europe occidentale (UEO), seule instance européenne de défense, célébrera mardi le 50e anniversaire de sa création sans faste ni gloire, alors que l’institution s’estime prête à intervenir dès que ses membres en auront la volonté politique. Pour marquer cette échéance, un simple colloque est organisé à Bruxelles, avec les secrétaires généraux de l’UEO et de l’OTAN, le Portugais José Cutileiro et l’Espagnol Javier Solana, et seulement trois ministres: le Belge Erik Derycke (Affaires étrangères) et les Polonais Janusz Onyszkiewicz et Grec Apostolos-Athanasios Tsohazopoulos (Défense). La Pologne et la Grèce président respectivement l’OSCE et l’UEO. «Pour déplacer des ministres, il faut qu’ils aient quelque chose à dire», note un diplomate, en reconnaissant que «rien...