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Actualités - Chronologie

Témoignage d'une algérienne

«Traquée, je me suis sauvée», dit gravement cette Algérienne avec un sourire et un naturel désarmants. «Je me tapis à 50 km de ma résidence initiale dans un tout petit appartement avec une caisse d’affaires personnelles pour tout bagage». C’est une intellectuelle qui témoigne, sans aucune prétention ou état d’âme. Jeune, pleine de vie, elle a du charme, et se raconte sur un ton presque confidentiel souhaitant garder l’anonymat pour des raisons évidentes de sécurité. Elle fait partie de ces femmes algériennes militant ouvertement contre l’intégrisme dans leur pays. Elle est auteur d’un ouvrage, «Chronique d’une femme dans la tourmente» où, sous un pseudonyme, elle raconte sa vie au quotidien dans un monde devenu fou. Une vie faite de dangers, de menaces, mais aussi de détermination et d’un credo: «un jour la démocratie triomphera». «Si je n’était pas persuadée de cela, je crois que jamais je ne me serais sacrifiée autant. Je suis sans travail fixe et fais quelques travaux d’écriture ou de traduction pour survivre. «Ils» auraient pu me retrouver. Plus maintenant, je touche du bois. Leurs réseaux ne sont plus aussi puissants. La population les dénonce parce qu’elle a également peur pour elle. Je ne sors jamais le soir. Je n’ai plus été au restaurant, au cinéma ou au théâtre depuis six ans et suis constamment inquiète. Je n’ouvre la porte qu’à ceux qui déclinent leur identité et après avoir regardé à travers l’oeil du boeuf. Je suis parfois malheureuse, c’est vrai, mais j’ai fait un choix et je l’assume». Elle fait partie de ceux qu’on appelle les «démocrates». Ils sont «minoritaires, mais pas minuscules». Ces démocrates se battent contre deux camps: les intégristes, mais aussi les conservateurs anti-intégristes qui sont néanmoins pour l’enfermement des femmes et contre le pluralisme. Les conservateurs, ce sont d’après elle «Hamas», le «FLN», le mouvement «An-Nahda», le «RDN» (Rassemblement démocratique national), un melting pot suffisamment fourni pour donner du fil à retordre. Du réalisme «Pour nous», poursuit cette «démocrate», «les intégristes sont morts. Ils reste une minorité de desperados qui n’est plus soutenue par un mouvement populaire». Concernant la lutte pour la liberté de la femme, un mouvement associatif a lancé une pétition contre le code de la famille qui exige l’abrogation de 20 articles intégristes concernant la répudiation, la polygamie etc... «Il fallait être réaliste, en raison du rapport de forces existant actuellement, il n’était pas possible d’obtenir l’abrogation pure et simple de tout ce code. Nous ne proposons pas la laïcité complète. En temps de paix cela aurait été différent, nous aurions obtenu plusieurs millions de signatures. Actuellement cela est plutôt difficile. Je ne fais pas de politique. Je lutte pour la liberté. Je suis pour la modernité, l’ouverture de l’Algérie à l’Europe, notre partenaire naturel le plus immédiat. Pour le volet politique, que les autres se débrouillent…».
«Traquée, je me suis sauvée», dit gravement cette Algérienne avec un sourire et un naturel désarmants. «Je me tapis à 50 km de ma résidence initiale dans un tout petit appartement avec une caisse d’affaires personnelles pour tout bagage». C’est une intellectuelle qui témoigne, sans aucune prétention ou état d’âme. Jeune, pleine de vie, elle a du charme, et se raconte sur un ton presque confidentiel souhaitant garder l’anonymat pour des raisons évidentes de sécurité. Elle fait partie de ces femmes algériennes militant ouvertement contre l’intégrisme dans leur pays. Elle est auteur d’un ouvrage, «Chronique d’une femme dans la tourmente» où, sous un pseudonyme, elle raconte sa vie au quotidien dans un monde devenu fou. Une vie faite de dangers, de menaces, mais aussi de détermination et d’un credo:...