Humanitaire SAS, ange gardien des réfugiés soudanais
le 15 octobre 1998 à 00h00
Sous une pluie battante, le petit Cessna-Caravan effectue un virage brutal et pique en direction du terrain d’aviation de fortune d’Ayod. Ayod, comme tous les villages de cette immense région marécageuse du Haut-Nil sud-soudanais où se déversent les affluents du Nil Blanc, est sous les eaux. Au troisième passage en rase-mottes au-dessus de la piste d’atterrissage détrempée au bord de laquelle sont rassemblés des villageois, le pilote néo-zélandais se retourne et fait un signe négatif de l’index en direction de William «Bill» Simpson. Simpson est un ancien «major» des SAS, les forces spéciales britanniques, au visage tanné par le soleil d’Afrique. Il a en charge la sécurité de tous les membres des Nations unies et des quarante-deux Ong (Organisations non gouvernementales), soit 530 expatriés, qui interviennent sur les 700.000 km2 d’un Soudan-sud en proie à la guerre, à la famine, aux razzias de voleurs de bétails et d’esclavagistes et aux guerres tribales. Par un hublot, il observe à la jumelle les petites parcelles cultivées du village à demi-submergé. «Leurs récoltes sont pourries par l’eau à 50%. Nous ne sommes pas venus depuis six mois et ces gens sont en train de mourir de faim», dit-il. Les humanitaires ont en effet quitté la région en raison de combats entre sous-clans de l’ethnie Nuer. La situation est identique à Old Panjak sur lequel le Cessna de Bill Simpson met le cap. Les affrontements entre deux «commandants» de la SSDF, la Force de défense du Soudan-sud née d’une scission pro-Khartoum de la guérilla sudiste dirigée par le «chef de guerre» Riek Machar, ont provoqué le départ de l’organisation britannique «Save the Children» qui avait installé là un «compound»: des installations fixes protégées par de simples canisses contre les crocodiles et les bêtes sauvages infestant le secteur.
Sous une pluie battante, le petit Cessna-Caravan effectue un virage brutal et pique en direction du terrain d’aviation de fortune d’Ayod. Ayod, comme tous les villages de cette immense région marécageuse du Haut-Nil sud-soudanais où se déversent les affluents du Nil Blanc, est sous les eaux. Au troisième passage en rase-mottes au-dessus de la piste d’atterrissage détrempée au bord de laquelle sont rassemblés des villageois, le pilote néo-zélandais se retourne et fait un signe négatif de l’index en direction de William «Bill» Simpson. Simpson est un ancien «major» des SAS, les forces spéciales britanniques, au visage tanné par le soleil d’Afrique. Il a en charge la sécurité de tous les membres des Nations unies et des quarante-deux Ong (Organisations non gouvernementales), soit 530 expatriés, qui...
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