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Actualités - Chronologie

La Cisjordanie : un territoire hybride

La Cisjordanie, qui sera au cœur du sommet de Wye Plantation, a un statut hybride: ses terres sont aux troisquarts sous le contrôle d’Israël qui l’occupe depuis 1967, ses habitants sont également sous l’autorité d’un pouvoir autonome palestinien. Cet imbroglio, difficile à vivre pour les Palestiniens, était destiné à ne durer que cinq ans et s’achever le 4 mai prochain, en vertu des accords de paix israélo-palestiniens de 1993. Mais la situation risque de se prolonger, compte tenu de l’étendue des divergences entre les deux camps sur ce que doit être le statut définitif de ce territoire disputé. Les Palestiniens exigent la fin de l’occupation israélienne, le retrait total de l’armée israélienne des 5.678 km2 de la Cisjordanie occupée, non compris Jérusalem-Est annexé par Israël, dont ils veulent faire la capitale d’un futur État. Ils insistent sur le démantèlement des 141 colonies de peuplement juives et le départ des 160.000 colons qui représentent aujourd’hui un dixième de la population de la Cisjordanie où vivent 1,5 million de Palestiniens. Si Israël a renoncé de son côté à occuper toute la Cisjordanie, rebaptisée «Judée-Samarie», son gouvernement entend en garder plus de 40% sous son contrôle, au nom du nationalisme, de la religion et pour des raisons stratégiques. La Cisjordanie a vécu sous souveraineté ottomane jusqu’en 1918, sous mandat britannique jusqu’en 1948, sous pouvoir jordanien jusqu’en 1967 et sous occupation totale israélienne de 1967 à 1994. Après l’échec de la résolution de l’Onu de novembre 1947 prévoyant la création de deux Etats indépendants, l’un juif et l’autre palestinien, la Cisjordanie, rive occidentale du Jourdain, est rattachée à la Jordanie en 1950. En juin 1967, la guerre des Six jours éclate. Israël occupe la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est que l’État hébreu annexe le même mois. En juillet 1988, le roi Hussein annonce la «rupture des liens légaux et administratifs avec la Cisjordanie afin de permettre la création d’un État palestinien». La Jordanie ne garde que la gérance des sites religieux islamiques. L’autonomie effective des territoires palestiniens intervient sur le terrain à la suite des accords du Caire de mai 1994, pour Gaza et Jéricho, puis des accords d’extension de septembre 1995 qui débouchent sur l’évacuation des principales villes de Cisjordanie. Depuis lors, 90% de la population palestinienne est sous l’administration de l’Autorité autonome présidée par M. Yasser Arafat. Mais géographiquement, la zone sous contrôle total de l’Autorité palestinienne, dite zone A, ne s’étend que sur 3% du territoire. La zone mixte dite zone B, sous contrôle administratif palestinien et sécuritaire israélien, s’étend sur 24% de la Cisjordanie. Tout le reste, dit zone C, soit 73% de la Cisjordanie (sans compter Jérusalem-Est) est sous contrôle total israélien. Les négociations actuelles portent sur un agrandissement de 13% de la zone sous contrôle palestinien qui s’étendrait à 40% de la Cisjordanie, mais seuls 18% seraient en zone A sous contrôle exclusif de l’Autorité palestinienne.
La Cisjordanie, qui sera au cœur du sommet de Wye Plantation, a un statut hybride: ses terres sont aux troisquarts sous le contrôle d’Israël qui l’occupe depuis 1967, ses habitants sont également sous l’autorité d’un pouvoir autonome palestinien. Cet imbroglio, difficile à vivre pour les Palestiniens, était destiné à ne durer que cinq ans et s’achever le 4 mai prochain, en vertu des accords de paix israélo-palestiniens de 1993. Mais la situation risque de se prolonger, compte tenu de l’étendue des divergences entre les deux camps sur ce que doit être le statut définitif de ce territoire disputé. Les Palestiniens exigent la fin de l’occupation israélienne, le retrait total de l’armée israélienne des 5.678 km2 de la Cisjordanie occupée, non compris Jérusalem-Est annexé par Israël, dont ils veulent faire...