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Actualités - Chronologie

Une menace pour la stabilité de la Bosnie

La crise au Kosovo menace désormais directement la fragile stabilité de la Bosnie, où les Serbes affichent leur solidarité avec Belgrade et où affluent les réfugiés kosovars. Les ultra-nationalistes de Republika sprska (RS), mais aussi les modérés, alliés traditionnels de la communauté internationale, multiplient les déclarations mettant en garde contre les conséquences d’une action militaire de l’Otan contre la Yougoslavie. Côté croato-musulman de la ligne inter-entité, les réfugiés albanais de la province serbe affluent par milliers, dans un pays où déjà un habitant sur quatre est encore déplacé ou réfugié. Et le risque pour la paix dans la région, y compris en Bosnie, a été clairement identifié mardi par le président américain Bill Clinton dans sa mise en garde à Belgrade. Ce sont surtout les conséquences en RS que craignent les experts étrangers, déjà douchés par l’élection-surprise en septembre de l’extrémiste Nikola Poplasen à la présidence des Serbes bosniaques. L’émissaire américain Robert Gelbard s’est rendu le week-end dernier à Banja Luka pour exiger de M. Poplasen qu’il se désolidarise des menaces de représailles contre les Occidentaux proférées par son proche allié en Yougoslavie, le vice-Premier ministre serbe Vojislav Seselj. Le chef de la mission de l’OSCE Robert Barry était mardi à Banja Luka pour les mêmes raisons, et s’est dit «satisfait» de la réponse du nouveau président-élu de RS. Mais l’allié de M. Poplasen et principale formation du prochain Parlement de RS, le Parti démocratique serbe (SDS) des amis de Radovan Karadzic, met explicitement en cause la poursuite du processus de paix en Bosnie. «Le SDS avertit la communauté internationale qu’une agression de l’Otan à l’encontre de la Serbie et de la Yougoslavie pourrait engendrer des conséquences sur l’application de l’accord de Dayton», a déclaré lundi l’un des vice-présidents du parti, Dragan Cavic. Les États-Unis ont répliqué, dans un communiqué de leur ambassade à Sarajevo, enjoignant «à Cavic et au SDS de se dispenser de déclarations incendiaires et de se concentrer sur ce qu’ils ont promis de faire lors des récentes élections nationales - appliquer l’accord de paix de Dayton». La solidarité qui s’exprime en RS à l’égard des Serbes de Serbie, à laquelle s’est jointe mardi la coalition modérée de la présidente sortante Biljana Plavsic, inquiète en tous cas assez les Etats-Unis pour qu’ils aient mis en garde cette semaine leurs consulats contre de possibles attaques contre des citoyens ou des intérêts américains dans l’entité serbe de Bosnie. Les troupes de l’Otan en Bosnie, au sein de la SFOR (Force de stabilisation), ont elles-mêmes jugé utile d’avertir mardi: «La SFOR ne tolèrera aucune menace et aucune intimidation contre les forces de la SFOR en Bosnie-Herzégovine. La SFOR tiendra les personnes ou leurs chefs, qui tolèrent ou profèrent de telles menaces, comme directement responsables, et prendra les mesures appropriées».
La crise au Kosovo menace désormais directement la fragile stabilité de la Bosnie, où les Serbes affichent leur solidarité avec Belgrade et où affluent les réfugiés kosovars. Les ultra-nationalistes de Republika sprska (RS), mais aussi les modérés, alliés traditionnels de la communauté internationale, multiplient les déclarations mettant en garde contre les conséquences d’une action militaire de l’Otan contre la Yougoslavie. Côté croato-musulman de la ligne inter-entité, les réfugiés albanais de la province serbe affluent par milliers, dans un pays où déjà un habitant sur quatre est encore déplacé ou réfugié. Et le risque pour la paix dans la région, y compris en Bosnie, a été clairement identifié mardi par le président américain Bill Clinton dans sa mise en garde à Belgrade. Ce sont surtout les...