Des spectacles de samba aux stands luxueux dessinés par de célèbres architectes, les constructeurs n’ont pas lésiné sur les moyens pour soigner leur image de marque au Mondial de l’automobile qui vient de se tenir à Paris. S’il était possible de passer commande au salon, le volume des ordres d’achats est traditionnellement «symbolique» comparé au nombre de visiteurs. Ceux-ci devraient cette année dépasser le record de 1,1 million de personnes atteint en 1992, indique le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), organisateur de la manifestation biennale. Les constructeurs restent discrets sur les budgets consacrés à cet événement, qui se chiffreraient pour chacun à plusieurs millions de francs. Outre la location de l’emplacement (650 FF — 116 USD le mètre carré), il fallait prévoir une structure de stands, qui sera généralement réutilisée sur d’autres salons internationaux, recruter des bataillons d’hôtesses (2 500 sur tout le salon) et d’agents commerciaux chargés de renseigner le visiteur, et organiser des animations pour attirer le client potentiel. Renault, dont le centenaire coïncidait cette année avec celui du salon de l’automobile parisien, avait fait notamment appel au musicien Michel Legrand pour composer la «Samba du siècle». Cette mini-comédie musicale, d’une vingtaine de minutes, était jouée toutes les deux heures au salon devant une foule de curieux. Plusieurs dizaines de chanteurs et danseurs en costumes d’époque retraçaient en dix tableaux les moments marquants de l’histoire de Renault, avec en final une école de samba qui symbolise l’internationalisation du groupe. Une vitrine À deux pas, c’est l’architecte Christian de Portzamparc, auteur de la Cité de la musique à Paris, qui avait dessiné le stand Citroën, une véritable petite ville avec ses rues, ses places et une colline parcourues par des voitures. Pour mettre en valeur leurs véhicules, les autres constructeurs avaient recruté jongleurs, comédiens et top models comme Claudia Schiffer chez Citroën et Carla Bruni chez Suzuki. Les prototypes futuristes ou les modèles grand luxe, comme la Bugatti à 18 cylindres de Volkswagen, avaient constitué à eux seuls un fort pôle d’attraction. Mais pour ces modèles exclusifs, pas question de s’asseoir au volant: les curieux sont tenus à distance par des cordes de sécurité. «Le Mondial est avant tout un salon-image, c’est la vitrine de l’entreprise», explique Alain Coldeboeuf, chef des stands Renault. Pour ceux qui voulaient acheter, la plupart des constructeurs avaient installé des centres d’essais de véhicules à proximité du salon, et certains avaient prévu des services de navettes pour les accompagner. Les marques pouvaient prendre des commandes fermes au salon, mais elles faisaient surtout remplir des fiches de renseignements comportant le nom et l’adresse du futur client, transmises aux concessionnaires qui assureront le suivi. Peugeot fait ainsi état de «3 000 prises de contact» pour la 206, son nouveau modèle, et de 1 800 essais dans le cadre du Mondial. Le soir, après la fermeture, des équipes arrivaient pour briquer les carrosseries. Elles faisaient le tour des voitures en démonstration avec des pièces de rechange, pour changer poignées abîmées ou accessoires endommagés par les visiteurs. À la fin du salon, dimanche, les voitures exposées ont été rapatriées en usine pour être examinées de A à Z pour voir si elles sont conformes à la commercialisation dans les réseaux d’occasion.
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