L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), institution des Nations Unies, a décidé de peser de tout son poids pour parvenir à une amélioration marquée de la sécurité aérienne, en imposant à ses 185 États-membres des contrôles réguliers et obligatoires. L’OACI a voté en faveur d’un nouveau programme de vérification des systèmes de contrôle des États-membres au terme vendredi de son assemblée générale triennale, qui rassemblait depuis le 22 septembre les représentants de 155 pays membres et 28 organisations internationales à Montréal. Ce programme, qui concerne la navigabilité des appareils et la formation du personnel volant, avait été défini en novembre dernier, lors d’une réunion des directeurs de l’aviation civile des États-membres de l’OACI. «Cette réunion a été essentielle», a souligné à l’AFP le président du conseil de l’OACI, Assad Kotaite. «Nous en sommes, a-t-il ajouté, à 1,5 milliard de passagers, 2 milliards en 2005 et sans doute entre 4 et 5 milliards au milieu de XXIe siècle. Si nous ne sommes pas beaucoup plus vigilants, nous ne pourrons éviter une catastrophe par semaine». «C’est un pas historique», a renchéri le représentant de l’Espagne, Luis Adrover, tandis que celui du Danemark, Karsten Theil, soulignait que les résultats de l’assemblée, obtenus «par consensus», se feront sentir «pendant des siècles». Jusqu’à maintenant, l’OACI — dont le rôle est de «promouvoir le développement sûr et ordonné de l’aviation civile dans le monde» — définissait les normes de sécurité pour la navigabilité des appareils et la formation des équipages. Elle réalisait des audits, auprès des seuls pays qui le demandaient, pour voir s’ils se donnaient bien les moyens de mettre ces normes en vigueur. Si le besoin s’en faisait sentir, l’OACI recommandait des modifications. Mais aucune sanction n’était prévue, et aucune publicité n’était donnée à l’audit. Même si l’OACI s’honore d’avoir ainsi soumis à audit la moitié de ses membres, nombre d’entre eux échappaient à toute vérification. Devant cet état de fait, certaines puissances avaient choisi d’imposer leurs propres systèmes. Les États-Unis par exemple font des contrôles dans le pays dont des appareils atterrissent sur le sol américain. Les Européens mènent pour leur part des vérifications-surprise sur les appareils atterrissant en Europe, dont ils s’échangent les résultats. Au terme de son assemblée générale, l’OACI a accepté à l’unanimité un nouveau programme prévoyant des audits de sécurité «réguliers, obligatoires, systématiques et harmonisés». «L’OACI proposera le contrôle, et l’État ne pourra refuser, expliquait encore M. Kotaite. Vous imaginez combien il serait compromis en cas d’accident?». Les résultats des audits feront, en outre, l’objet «d’une plus grande transparence» et «d’une publicité accrue». En d’autres termes, ils seront publiés auprès des États-membres.
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