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Actualités - Chronologie

La Grande Muette inconditionnelle du kémalisme

Les accords militaires israélo-turcs viennent renforcer la puissante armée turque, dont le rôle ne cesse de croître dans la gestion du pays. La «Grande muette», qui comptabilise déjà trois coups d’État à son palmarès, occupe toujours le poste de gardien inconditionnel du kémalisme et de sa clé de voûte, la laïcité et la sécularité de l’État. Pour couper court aux nostalgiques du passé ottoman, aux islamistes ou aux extrémistes de gauche, l’armée est intervenue en 1960 avec le coup d’État du général Gürsel pour évincer le Premier ministre de l’époque Adnan Menderes qui tolérait un certain retour aux traditions religieuses. Puis entre 1970 et 1972, pour restaurer l’ordre après des troubles politiques graves. Enfin en 1983, le général Kenan Evren prenait le pouvoir pour mettre un terme à un semblant de guerre civile qui opposait les islamistes et les nationalistes aux marxistes et séparatistes kurdes. Dans sa retraite, en 1987, le général Evren avait fait une déclaration qui résumait l’opinion de l’armée face à la montée islamiste: «La réaction religieuse existe en Turquie, elle est aussi dangereuse que le communisme» et il affirme qu’il est prêt à «aller en enfer avec les atatürkistes». Par ailleurs, l’armée turque tire sa puissance de ses dimensions colossales: 625 000 soldats mobilisés annuellement, chiffre qui peut être porté à 10 millions en cas de mobilisation générale. De fait, c’est l’armée de l’OTAN qui totalise le plus grand nombre d’effectifs, après les États-Unis bien sûr. Son matériel est naturellement occidental quoiqu’il soit fabriqué en grande partie localement, dans des usines proches d’Ankara. C’est le cas des F 16 des forces aériennes et autres véhicules blindés et chars montés dans les usines de la Tüzas, entreprise d’État gérée par les militaires. Signe de la coopération d’Ankara avec l’Alliance atlantique, des bases aériennes comme Incirlik accueillent des appareils américains et britanniques, qui ont participé à la guerre du Golfe et continuent à servir dans le programme Northern Watch de surveillance du nord de l’Irak. Enfin, les militaires exercent leur pouvoir par le biais du Conseil national de sécurité (Milli Güvenlik Kurumu) qui est la plus haute instance politico-militaire du pays.
Les accords militaires israélo-turcs viennent renforcer la puissante armée turque, dont le rôle ne cesse de croître dans la gestion du pays. La «Grande muette», qui comptabilise déjà trois coups d’État à son palmarès, occupe toujours le poste de gardien inconditionnel du kémalisme et de sa clé de voûte, la laïcité et la sécularité de l’État. Pour couper court aux nostalgiques du passé ottoman, aux islamistes ou aux extrémistes de gauche, l’armée est intervenue en 1960 avec le coup d’État du général Gürsel pour évincer le Premier ministre de l’époque Adnan Menderes qui tolérait un certain retour aux traditions religieuses. Puis entre 1970 et 1972, pour restaurer l’ordre après des troubles politiques graves. Enfin en 1983, le général Kenan Evren prenait le pouvoir pour mettre un terme à un...